Paris, 25 février 2026 – Le salon doré du Palais de l’Élysée a accueilli, ce mercredi, un huis clos chargé de tension. Non pas celle des armes dans l’Est de la RDC, mais celle d’une bataille diplomatique plus feutrée.
Autour de la table, deux présidents : Emmanuel Macron et Félix Tshisekedi. Si la situation sécuritaire au Nord-Kivu figurait à l’ordre du jour, un autre dossier a dominé les échanges. Dans la valise du chef de l’État congolais, une ambition claire : briguer la tête de la Francophonie. Or, ce poste suscite déjà l’appétit du Rwanda.
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Certes, les deux dirigeants ont évoqué l’urgence sécuritaire à l’Est. Ils ont parlé des violences persistantes et des processus de paix fragiles. Cependant, le cœur de la rencontre battait ailleurs. Il se projetait vers le Sommet de la Francophonie prévu les 15 et 16 novembre au Cambodge.
La RDC défie Kigali pour la tête de l’OIF
Kinshasa a officiellement annoncé sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Cette décision change la donne.
Actuellement, Louise Mushikiwabo, ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères, occupe ce fauteuil stratégique. Elle vise un troisième mandat. Ainsi, la candidature congolaise constitue un défi direct à Kigali.
Ce qui se joue dépasse donc une simple succession. En réalité, la rivalité entre la RDC et le Rwanda s’invite désormais sur le terrain diplomatique. Après les tensions militaires dans l’Est, place à la bataille des voix et des alliances.
Pour Félix Tshisekedi, l’objectif est clair : repositionner la RDC comme acteur central du monde francophone. Et dans cette équation, la France reste un partenaire clé.
Le rôle décisif de Paris
Début février, Paris a déjà envoyé un signal. Éléonore Caroit, ministre déléguée à la Francophonie, s’est rendue à Kinshasa. Elle a alors affirmé que « la France est ouverte à toutes les candidatures ». En parallèle, elle a reconnu à la RDC le droit de jouer un rôle majeur au sein de l’OIF.
Ce discours ouvre une porte. Toutefois, il ne garantit aucun soutien automatique. Félix Tshisekedi doit convaincre. Il peut s’appuyer sur un argument de poids : la RDC demeure le premier pays francophone du monde en nombre de locuteurs. De plus, son positionnement africain lui confère une légitimité stratégique.
Face à lui, Louise Mushikiwabo dispose d’un réseau solide et d’une expérience reconnue. Elle incarne la continuité. Par conséquent, la bataille s’annonce intense.
Dans les prochains mois, les deux camps multiplieront les initiatives. Des missions diplomatiques parcourront l’espace francophone. Des alliances se construiront. D’autres se fragiliseront.
Au sortir de l’Élysée, les sourires protocolaires masquaient mal l’enjeu réel. Cette élection ne concerne pas seulement un poste. Elle touche à l’influence, à l’image et au leadership de deux puissances africaines.
Le prochain round se jouera au Cambodge. Et, d’ici là, la guerre diplomatique ne fera que s’intensifier.



