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« Fight Like a Girl » : quand des femmes de Goma transforment les blessures de la guerre en forces sur un ring

Kinshasa, 9 mars 2026 – Elles s'appellent femmes, filles, mères, survivantes. Depuis près de trente ans, l'Est de la République…

Kinshasa, 9 mars 2026 – Elles s’appellent femmes, filles, mères, survivantes. Depuis près de trente ans, l’Est de la République démocratique du Congo vit au rythme d’un conflit où les violences sexuelles servent souvent d’arme de guerre.

Pourtant, ce samedi 7 mars à Kinshasa, un autre récit a émergé. Cette fois, la lumière s’est posée sur la résilience, la force et la dignité retrouvée. Ce récit porte un nom : « Fight Like a Girl ».

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Ce long-métrage, tourné à Goma avec une équipe congolaise, sud-africaine et américaine, raconte le parcours d’une survivante. Grâce à la boxe et au soutien d’un coach visionnaire, elle transforme la peur et la honte en force, leadership et autonomie.

La boxe comme chemin de reconstruction

Pour le réalisateur Matthew Leutwyler, l’origine du projet repose sur une histoire bien réelle.

« Il s’agit d’un club de boxe créé pour les femmes, particulièrement pour leur reconstruction après avoir été victimes du conflit. Ce sport leur permet de retrouver leur dignité et leur confiance », explique-t-il.

Au fil des entraînements, l’une de ces boxeuses a révélé un talent exceptionnel. Elle est ensuite revenue dans son pays pour participer au championnat national.

Ainsi, le scénario ne relève pas de la fiction. Il s’inspire directement du parcours de femmes qui ont trouvé dans le sport une manière de se relever.

Un nouveau récit pour les femmes de l’Est

L’actrice principale, Amamkele Lithemba Qamata, insiste sur la portée du message.

« Nous voulons montrer l’autonomisation des femmes après l’humiliation et la perte de dignité. Souvent, les gens gardent une vision négative des populations vivant dans les zones de conflit. Pourtant, ce film montre qu’au-delà de la guerre, la vie continue », explique-t-elle.

En effet, derrière les violences se cachent aussi des histoires d’amour, d’espoir et de reconstruction. Ces vies méritent d’être racontées autrement que par les chiffres des rapports humanitaires.

Des acteurs marqués par la réalité du conflit

L’une des grandes forces du film réside dans son authenticité.

Selon Amamkele Lithemba Qamata, de nombreux Congolais ont participé au tournage. Certains d’entre eux ont même vécu les violences évoquées à l’écran.

« Les personnes qui jouent dans ce film sont parfois celles qui ont connu ces violences. Et nous avons tourné à Goma, là même où ces drames se produisent », souligne l’actrice.

Cette immersion donne au film une puissance émotionnelle particulière.

« Congo Résilience », une initiative plus large

Les promoteurs ne veulent pas limiter ce projet au cinéma. Ils ont donc lancé l’initiative « Congo Résilience ».

Le programme poursuit plusieurs objectifs :

  • mettre en lumière la résilience des femmes de l’Est ;

  • encourager le dialogue entre Kinshasa, l’Est et les partenaires internationaux ;

  • développer de nouveaux contenus, notamment une docu-série ;

  • intégrer ces récits dans les programmes de prévention, protection et réintégration.

Le soutien d’un député du Sud-Kivu

Le député national Serge Bahati Maygende, élu du Sud-Kivu, soutient activement cette initiative.

« Ce récit met la femme au centre de la question de sa dignité. L’Est de la RDC ne doit pas être raconté uniquement à travers la peur et la destruction », explique-t-il.

Selon lui, la manière de raconter les événements influence la perception collective.

« Ce que nous montrons façonne notre manière de regarder nos blessures, mais aussi notre capacité à reconnaître notre force », ajoute-t-il.

Une sortie mondiale prévue en 2026

Le film connaîtra d’abord une première au Royaume-Uni à la fin du mois d’avril 2026.

Ensuite, les plateformes internationales comme Amazon et Apple diffuseront le long-métrage dès le mois de mai.

Cette sortie mondiale offrira une vitrine aux femmes de l’Est du Congo. Sur un ring de boxe ou devant une caméra, elles ont choisi de se battre.

À la veille de la Journée internationale des droits des femmes, ce film dépasse largement le cadre du cinéma. Il s’impose comme un véritable manifeste.

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