Un tournant décisif s’opère. Ce mercredi 8 avril 2026, au Centre Culturel et Artistique des pays d’Afrique Centrale (CCAPAC) à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a ouvert la première édition de la Conférence nationale sur les Infrastructures et les Travaux Publics (CN-ITP). Pendant trois jours, plus de 500 acteurs publics, privés et partenaires techniques réfléchissent à un objectif clair : moderniser les infrastructures de la République démocratique du Congo à l’horizon 2034. Un défi immense, surtout dans un pays où seulement 2 % des routes sont revêtues.
D’emblée, le contexte impose l’urgence. En effet, la 13e Conférence des gouverneurs a récemment mis en lumière plusieurs faiblesses : enclavement des provinces, dégradation du réseau routier, insuffisance des voies ferrées, sous-équipement portuaire et déficit énergétique. Par conséquent, ces lacunes freinent l’intégration du marché national et ralentissent la production. Le constat est clair : le modèle actuel atteint ses limites.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Une vision tournée vers la modernisation
Les assises s’articulent autour d’un thème ambitieux : « Infrastructures durables et innovantes : vers un système moderne et compétitif ». À travers ce choix, le gouvernement affiche une orientation nette.
D’abord, il veut rompre avec la gestion d’urgence. Ensuite, il cherche à instaurer une véritable culture de planification. Ainsi, il devient essentiel d’anticiper, de normer et d’entretenir les ouvrages sur le long terme. En parallèle, les autorités intègrent désormais les enjeux climatiques, technologiques et économiques.
Dans cette logique, la RDC entend s’aligner sur les dynamiques africaines. Notamment, les corridors logistiques et les chaînes de valeur régionales occupent une place centrale. Dès lors, le pays peut tirer profit de sa position stratégique pour renforcer son intégration régionale.
Félix Tshisekedi fixe le cap
Lors de son discours, Félix Tshisekedi a posé les bases de cette ambition. Selon lui, les infrastructures dépassent largement leur fonction matérielle. Elles constituent, en réalité, « l’ossature même de l’État ».
Il a insisté : elles structurent le territoire, facilitent les échanges et soutiennent l’économie. De plus, elles renforcent la cohésion nationale et attirent les investissements. Autrement dit, elles conditionnent le développement global du pays.
Dans la foulée, le président a lancé un appel clair. Il refuse un simple forum de discussions. Au contraire, il exige des décisions concrètes. Il a donc exhorté les participants à privilégier l’action, l’innovation et la durabilité.
Des projets structurants en ligne de mire
Pour traduire cette vision en actes, le gouvernement mise sur plusieurs projets clés.
D’une part, il prévoit de moderniser le réseau ferroviaire en adoptant l’écartement standard. Cette évolution permettra d’augmenter la capacité et la vitesse des trains. D’autre part, le port en eau profonde de Banana doit devenir une plateforme stratégique pour les échanges régionaux.
Par ailleurs, les autorités veulent connecter les différents modes de transport. L’objectif reste simple : créer un système intégré, fluide et efficace. Grâce à cela, la RDC pourra mieux capter les opportunités offertes par la ZLECAf.
Des défis encore majeurs
Malgré ces ambitions, les obstacles restent nombreux. Le ministre des Infrastructures, John Banza, a rappelé quelques chiffres alarmants. Aujourd’hui, à peine 2 % des routes sont revêtues. De plus, une grande partie du réseau ferroviaire reste inutilisable.
En outre, les infrastructures portuaires manquent d’équipements modernes. À cela s’ajoute une couverture énergétique et numérique insuffisante. Face à ces défis, le gouvernement vise un objectif précis : connecter les 26 provinces pour stimuler l’économie et réduire le coût de la vie.
Une mobilisation nationale et internationale
Pour y parvenir, la conférence réunit plus de 500 participants. Parmi eux figurent des experts, des acteurs privés et des partenaires comme la Banque mondiale ou la BAD.
Ensemble, ils travaillent sur des solutions concrètes. Les échanges portent notamment sur le financement, l’innovation, la maintenance et la résilience climatique. À l’issue des travaux, une feuille de route claire devrait voir le jour.
Un pari sur l’avenir
Reste une question essentielle : cette conférence débouchera-t-elle sur des résultats concrets ? Par le passé, plusieurs annonces n’ont pas abouti. Toutefois, le contexte actuel change la donne.
D’un côté, la concurrence régionale s’intensifie. De l’autre, la ZLECAf ouvre de nouvelles perspectives. Ainsi, la pression pour agir devient plus forte.
Cap sur 2034
À long terme, l’objectif est clair : transformer profondément le pays d’ici 2034. Il s’agit de désenclaver les territoires, de stimuler la croissance et de créer des emplois.
Le chemin reste long, certes. Cependant, une dynamique est enclenchée. Désormais, la réussite dépendra de la capacité à passer des promesses aux réalisations.
En somme, la RDC joue gros. Mais si les engagements se concrétisent, cette conférence pourrait marquer le début d’un véritable tournant.



