Le compte à rebours est lancé. Ce mardi 7 avril 2026, le comité d’organisation local de l’Ouganda, l’un des trois pays hôtes de la Coupe d’Afrique des nations 2027, a dévoilé le calendrier de la compétition. Une première information majeure : le tournoi ne commencera pas en janvier, comme ses devanciers, mais en été. Du 19 juin au 18 juillet 2027, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie vibreront au rythme du football continental. Une première historique pour l’Afrique de l’Est, qui n’avait plus accueilli la CAN depuis 1976, en Éthiopie.
L’annonce était très attendue. Depuis que la Confédération africaine de football (CAF) a attribué l’organisation de la CAN 2027 à la candidature conjointe du Kenya, de l’Ouganda et de la Tanzanie, les regards se tournaient vers l’Est du continent. Comment ces trois pays, habitués à jouer les seconds rôles sur la scène footballistique africaine, allaient-ils relever le défi ?
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Le comité d’organisation local ougandais a voulu rassurer. Dans un communiqué détaillé, il a présenté les grandes lignes de la planification.
« L’organisation conjointe d’un évènement sportif continental de l’envergure de la Coupe d’Afrique des nations exige une planification rigoureuse et multisectorielle. Les hypothèses générales suivantes ont guidé notre processus de planification et de budgétisation : le tournoi se déroulera pendant un mois, du 19 juin au 18 juillet 2027 », précise le document.
Pourquoi l’été ?
Le choix de l’été est une petite révolution. Depuis des décennies, la CAN se déroulait en janvier-février, en plein cœur de la saison des championnats européens. Ce calendrier, source de conflits récurrents entre clubs et sélections, était régulièrement critiqué.
En déplaçant la compétition en juin-juillet, la CAF espère :
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Réduire les tensions avec les clubs européens : en été, les championnats sont terminés, les joueurs sont disponibles.
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Améliorer les conditions de jeu : en Afrique de l’Est, la météo est plus clémente en été qu’en janvier (saison des pluies dans certaines régions).
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Offrir une meilleure visibilité médiatique : l’été est une période creuse dans le calendrier sportif mondial, propice à capter l’attention.
Un pari audacieux, mais qui pourrait s’avérer payant.
Une candidature commune historique
La CAN 2027 marque un tournant dans l’histoire de la compétition. Pour la première fois, trois nations vont coorganiser le tournoi. La candidature commune, portée par la région CECAFA (Conseil des associations de football d’Afrique de l’Est et centrale), a été retenue par la CAF, qui souhaite renforcer le développement du football en Afrique de l’Est.
Les trois pays hôtes n’ont jamais remporté la CAN. Le Kenya a participé à six éditions (sa meilleure performance : un premier tour en 2004). L’Ouganda a participé à sept éditions (finaliste en 1978). La Tanzanie n’a participé qu’à trois éditions (dont la dernière en 2023, premier tour).
Accueillir la compétition est donc pour eux une revanche sur l’histoire, une occasion de montrer leur progression, et un formidable levier de développement.
Le retour de l’Afrique de l’Est
Cette édition symbolise aussi un retour attendu. L’Afrique de l’Est n’avait plus accueilli la CAN depuis 1976, lorsque l’Éthiopie avait organisé la compétition. Près d’un demi-siècle plus tard, le ballon rond revient sur ses terres.
Les infrastructures sportives de la région sont en pleine modernisation. Stades, hôtels, routes, aéroports : d’importants investissements sont en cours pour accueillir les équipes, les officiels, les supporters et les médias.
La CAF mise sur une région en pleine croissance, tant sur le plan économique que footballistique. Le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie ont des populations jeunes, dynamiques, passionnées de football. Le potentiel est immense.
Une édition anniversaire
La CAN 2027 ne sera pas une édition comme les autres. Elle correspondra aux 70 ans de la compétition, créée en 1957. Un symbole fort pour un tournoi qui n’a cessé de grandir.
L’édition 2027 sera également la première à se jouer avec 28 équipes (au lieu de 24). Un format élargi, censé permettre à davantage de nations de participer à la fête, mais qui pose aussi des défis logistiques et sportifs.
La visibilité internationale de la CAN est toujours plus importante. Les droits télévisuels se vendent à prix d’or. Les sponsors se bousculent. Le football africain gagne en influence.
Les défis à relever
Malgré l’enthousiasme, les défis sont immenses. Organiser une compétition continentale à trois, c’est compliqué.
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Coordination : il faut harmoniser les calendriers, les budgets, les normes de sécurité, les protocoles sanitaires.
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Infrastructures : les stades doivent être aux normes de la CAF. Les hôtels, les transports, les centres d’entraînement aussi.
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Sécurité : la région est parfois instable (terrorisme au Kenya, insurrections en RDC voisine, tensions politiques en Ouganda).
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Financement : le budget est colossal. Les trois pays devront trouver des financements publics et privés.
Le comité d’organisation local ougandais, en dévoilant le calendrier, a montré sa détermination. Mais le chemin est encore long.
Un espoir pour toute une région
Au-delà des difficultés, la CAN 2027 est un espoir pour toute une région. Celle de l’Afrique de l’Est, souvent négligée par les instances footballistiques, qui voit enfin sa passion reconnue.
Les enfants qui rêvent de devenir footballeurs, les supporters qui remplissent les stades, les bénévoles qui se dévouent : tous attendent ce moment avec impatience.
Le 19 juin 2027, dans un stade rénové de Nairobi, Kampala ou Dar es Salaam, le coup d’envoi sera donné. Pour un mois de fête, de passion, de drames et de joies. Pour une célébration du football africain, dans sa diversité, sa richesse, sa ferveur.
La CAN 2027 sera celle de l’Afrique de l’Est. Celle qui marquera un tournant. Celle qui, peut-être, révélera une nouvelle puissance footballistique.
Le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie ont relevé le défi. Il leur reste à le gagner. Et avec eux, toute l’Afrique de l’Est vibrera. En attendant, le compte à rebours est lancé. 14 mois, jour pour jour, avant le coup d’envoi. Les préparatifs s’accélèrent. Les cœurs battent plus fort. L’histoire s’écrit.



