La machine à broyer les opposants ne ralentit pas. Dans un rapport publié lundi 6 avril 2026, le Bureau Conjoint des Nations unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) révèle que quarante-deux membres de partis politiques restent détenus depuis janvier. Les services de renseignement et la justice militaire les ont arrêtés. Aujourd’hui, la plupart se trouvent à la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa. D’autres seraient enfermés dans des « cachots clandestins » attribués au Conseil national de Cyberdéfense (CNC), souvent accusé d’abus.
Ainsi, le rapport dresse un tableau sombre de la situation des droits humains en RDC. Pourtant, le pays célèbre sa qualification historique pour la Coupe du monde. Mais, en parallèle, la répression politique continue.
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Par ailleurs, les personnes arrêtées appartiennent surtout à deux partis : Ensemble pour la République de Moïse Katumbi et le PPRD de Joseph Kabila. Le pouvoir les considère comme des menaces. Dès lors, ils deviennent des cibles privilégiées.
Des arrestations ciblées et répétitives
D’abord, le rapport détaille des méthodes d’arrestation presque identiques. Des hommes armés interviennent, parfois en uniforme, parfois en civil. Ils arrivent souvent la nuit. Ensuite, ils emportent leurs cibles sans mandat et sans explication. Enfin, les familles restent sans nouvelles.
En janvier, les agents ont arrêté Emmanuel Ramazani Shadary, Aubin Minaku et Dunia Kilanga selon ce même mode opératoire. Depuis, aucune procédure claire n’a avancé. Pourtant, plusieurs organisations ont exigé leur comparution devant un juge. Malgré cela, les autorités les maintiennent au secret.
Ndolo et les zones d’ombre du CNC
Aujourd’hui, la majorité des détenus se trouve à la prison militaire de Ndolo. Ce lieu traîne une réputation inquiétante. En effet, plusieurs témoignages dénoncent des conditions de détention très dures.
Cependant, certains opposants ne s’y trouvent même pas. Selon le rapport, des agents les retiennent dans des sites non officiels liés au CNC. Cette structure, censée lutter contre la cybercriminalité, agit désormais dans une zone grise. Ses agents restent souvent non identifiés. De plus, ses lieux de détention échappent à tout contrôle.
Déjà, en mars, Human Rights Watch avait tiré la sonnette d’alarme. L’ONG évoquait des disparitions inquiétantes. Elle accusait aussi les autorités d’utiliser le CNC pour neutraliser des opposants, souvent sous prétexte de liens avec l’AFC/M23.
Pressions internationales et silence des autorités
Face à ces accusations, le gouvernement congolais rejette toute dérive. Il affirme respecter les procédures judiciaires. Pourtant, les faits racontent une autre réalité. Les arrestations se multiplient. Les familles restent sans réponses. Et les avocats peinent à accéder aux détenus.
De leur côté, les partenaires internationaux haussent le ton. Les Nations unies, l’Union européenne et les États-Unis appellent au respect de l’État de droit. Mais, jusqu’ici, ces appels restent sans effet.
Dans ce contexte, la prison de Ndolo devient un symbole. Elle incarne cette répression dénoncée par plusieurs ONG. Surpopulation, manque de soins, conditions difficiles : les récits d’anciens détenus inquiètent.
Ainsi, l’ONU demande une libération immédiate des détenus politiques. À défaut, elle exige leur présentation rapide devant un juge indépendant. Elle rappelle aussi que la RDC a signé plusieurs traités internationaux. Or, ces engagements obligent l’État à garantir les droits fondamentaux.
Enfin, ces révélations tombent dans un climat politique tendu. Le débat sur la révision constitutionnelle divise déjà le pays. Dans ce contexte, ces arrestations soulèvent une question claire : le pouvoir cherche-t-il à contenir toute contestation ?
Pendant ce temps, les familles attendent. Elles espèrent des nouvelles. Elles réclament justice. Et surtout, elles refusent que leurs proches disparaissent dans le silence.



