Société




Kinshasa identifie ses étrangers : la carte de résidence biométrique devient obligatoire

Kinshasa, 12 mars 2026 – C'est une petite révolution administrative qui s'amorce dans la capitale congolaise. Ce mercredi, dans le cadre…

Kinshasa, 12 mars 2026 – C’est une petite révolution administrative qui s’amorce dans la capitale congolaise. Ce mercredi, dans le cadre solennel de l’Hôtel de ville, le gouvernement provincial de Kinshasa a donné le coup d’envoi d’une opération d’envergure : la délivrance des cartes de résidence destinées à tous les étrangers vivant sur le sol kinois. Un tournant dans la gestion migratoire et sécuritaire de la mégalopole africaine.

Derrière cette initiative, trois objectifs affichés par les autorités provinciales : mieux identifier les ressortissants étrangers, renforcer la sécurité publique et, enfin, améliorer la mobilisation des recettes fiscales. Une manière de répondre à la fois aux défis urbains chroniques de la capitale et aux enjeux de contrôle d’une population étrangère dont le nombre exact reste, à ce jour, une inconnue statistique.

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Sécurité et traçabilité : les promesses du biométrique

Présent à la cérémonie de lancement, le ministre provincial de la Sécurité publique, Jeannot Canon Larose, a détaillé les ambitions de ce nouveau dispositif. « Cette carte biométrique sécurisée permettra notamment de lutter contre l’immigration clandestine et de faciliter le suivi administratif des étrangers installés dans la capitale », a-t-il expliqué, insistant sur la dimension technologique du projet.

Car il ne s’agit pas d’un simple bout de papier. La nouvelle carte intègre des données biométriques qui rendent toute falsification extrêmement difficile. Un outil précieux pour les services de migration et de police, qui pourront désormais vérifier en un clin d’œil la régularité du séjour de toute personne étrangère croisée dans les rues de Kinshasa. Fini le temps des documents approximatifs et des statuts flous : l’ère de la traçabilité numérique commence.

Un coût variable selon les catégories

Mais cette modernisation a un prix. Et il varie. Les droits d’octroi de la carte, valable pour une durée de deux ans, oscillent entre 50 et 250 dollars américains. Une fourchette large qui s’explique par un système de catégorisation des demandeurs : étudiants, travailleurs, investisseurs, diplomates… Chaque statut correspond à un tarif spécifique, censé refléter la capacité contributive de chacun.

Reste à savoir comment cette mesure sera accueillie par la communauté étrangère, déjà confrontée aux multiples tracasseries administratives qui jalonnent le quotidien kinois. Pour les autorités, l’argument est simple : en échange de cette contribution, les étrangers obtiendront un titre de séjour officiel, reconnu et sécurisé, qui facilitera leurs démarches et attestera de leur situation régulière.

Des recettes supplémentaires pour une ville en quête de moyens

Car l’aspect financier n’est évidemment pas anodin. Le ministre provincial des Finances, Magloire Kabemba, ne s’en cache pas : cette nouvelle carte de résidence doit aussi remplir les caisses de la province. « La mesure contribuera à accroître les ressources financières de la ville afin de faire face aux nombreux défis urbains », a-t-il souligné, évoquant sans les détailler les besoins criants d’une capitale aux infrastructures souvent défaillantes.

Pour garantir la fiabilité du système, l’exécution technique a été confiée à un partenaire privé, la société Hologram Identification Services. L’entreprise mettra en place un système numérique sécurisé permettant l’enregistrement des données et leur vérification électronique instantanée. Un gage de sérieux, espèrent les autorités, pour éviter les dysfonctionnements qui ont parfois entaché ce type d’opérations par le passé.

Ce mercredi 11 mars 2026, Kinshasa a donc franchi un pas décisif vers une gestion plus moderne et plus stricte de sa population étrangère. Reste à savoir si cette carte, présentée comme un outil de sécurité et de développement, parviendra à concilier contrôle administratif et respect des droits, dans une ville où cohabitent des milliers de ressortissants venus des quatre coins du continent et du monde.

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