Société › Faits divers

Yalala, 15 ans, interpellée par la police le 15 novembre

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Elle était dans la foule quand la police est venue « ramasser » les militants qui manifestaient pour rejeter le calendrier électoral de la Ceni et demander la démission de Joseph Kabila.

Il y a encore peu, elle était une parfaite inconnue. Maintenant, elle est une véritable attraction sur les réseaux sociaux en RDC. Elle a 15 ans. Elle est en troisième des humanités. Elle habite Idjwi Sud, cette petite île aussi belle que rebelote la province du Sud-Kivu. Elle a été là. Là, dans la foule quand la police est venue « ramasser » les militants qui manifestaient pour rejeter le calendrier électoral de la Ceni et demander la démission de Joseph Kabila. Elle savait ce qui se passait. Elle était informée. Elle qui vit aux rythmes des revendications depuis près d’une année. Elle dont le père, Claude Yalala, milite activement au sein de la LUCHA voilà une année.

« Elle était là dans la foule. Je l’ai vue venir vers les policiers. Elle était en colère. Elle a d’abord demandé la libération des personnes qui étaient arrêtées dont son père. Face au refus des policiers, elle a demandé ensuite qu’on l’emmène aussi », a dit le militant Zaza, témoin de la scène.

Selon les témoins, la petite Yalaya a été détenue de 11 heures à 14 heures. Son père, lui, a passé nuit en détention et n’a été libéré que le 16 novembre, en matinée, mais sans son téléphone.

Avant Yalala, une autre jeune femme s’était faite remarquer. Beaucoup l’ont surnommée Jeanne d’arc congolaise.  Elle s’appelait Rebecca Kavugho, militante de la LUCHA. Elle et ses compagnons avaient été arrêtés le 16 février 2016 et condamnés à six mois de prison pour « incitation à la désobéissance ». Libérés le 26 juillet 2016 de la prison de Munzenze à Goma à la faveur d’une grâce présidentielle alors qu’il leur restait moins d’un mois à purger, ils avaient refusé la grâce présidentielle par solidarité envers d’autres personnes détenues injustement. Ils avaient finalement été expulsés de force de la prison.

« J’ai déjà entendu parler d’elle. Elle participe aux réunions à Idjwi.  C’est une congolaise. C’est une citoyenne qui se révolte. Les menottes, c’est la honte. Je suis choquée de voir que même les mineurs commencent à s’impliquer. C’est l’état du pays. Personnellement, je l’encourage, bien que j’aurai souhaité qu’elle attende d’avoir 18 ans », a Rebecca Kavugho.

Après sa libération, la petite Yalala s’est confiée à Zaza.

« Je suis prête à me battre pour mon pays, pourquoi vous ne m’acceptez pas dans le mouvement. Je veux être avec vous », a rapporté le militant.

Interrogé, le porte-parole de la Police, Colonel Pierrot Mwanamputu, ne reconnaît pas que Yalala ait été interpellée.

« Notre chargé de communication au Sud-Kivu nous informe que pour la journée d’hier 12 militants du mouvement S’EN EST TROP ont été arrêtés par la police et transmis au cachot de la chefferie. C’est lors de la marche organisée par ledit mouvement pour réclamer la tenue dans le bref délai des élections en RDC. Il n’y avait pas de militantes surtout pas de mineures ». A la question de savoir comment il explique cette photo, l’officier de police botte en touche :

« Vous poserez la question auprès de ceux qui vous ont envoyé cette image. A eux de répondre à cette question ».  

 



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