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Washington pourrait retirer le Soudan des pays « terroristes » en cas de progrès

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Les Etats-Unis ont indiqué mardi être prêts à retirer le Soudan de leur liste des pays accusés de soutenir le terrorisme si le Conseil militaire de transition, qui a pris le pouvoir jeudi, engageait un « changement fondamental » de gouvernance, selon un responsable américain.

L’armée soudanaise a renversé le président Omar el-Béchir –au pouvoir depuis trente ans– le 11 avril dans le sillage d’un mouvement de contestation populaire d’une ampleur inédite, et a mis en place ce Conseil militaire de transition censé perdurer deux ans.

Mais des milliers de manifestants réclamaient encore mardi la mise en place immédiate d’un gouvernement civil.

Selon un responsable du département d’Etat américain, les Etats-Unis ont renouvelé leur disposition à examiner un éventuel retrait du Soudan de leur liste noire lors de discussions avec les chefs militaires ayant chassé M. el-Béchir du pouvoir.

Des responsables soudanais cherchent depuis des années à obtenir un tel retrait, ouvrant des discussions avec Washington. En vain.

Une façon d’y parvenir « serait s’il y a un changement fondamental dans la gouvernance et dans les politiques et si le Conseil de transition militaire ne soutient pas les actes de terrorisme international et fournit des assurances qu’il ne soutiendra pas des actes de terrorisme international à l’avenir », a indiqué le responsable américain, sous couvert d’anonymat.

Mais, selon lui, les Etats-Unis n’envisagent pas de retirer le Soudan de la liste « à ce stade ». Il a aussi précisé que Washington avait poussé le Conseil militaire à « agir rapidement » pour inclure des civils dans un gouvernement provisoire et pour organiser des élections.

Ces commentaires interviennent deux jours après la rencontre entre le chargé d’affaires Steven Koutsis –plus haut diplomate américain à Khartoum– et Mohamad Hamdan Daglo, chef adjoint du Conseil militaire.

Les Etats-Unis ont multiplié depuis 1997 les sanctions économiques contre le Soudan, qui est inscrit sur la liste noire américaine des « Etats soutenant le terrorisme » depuis 1993.

En cause, des accusations de soutien à des groupes jihadistes –le fondateur d’Al-Qaïda Oussama ben Laden a vécu à Khartoum entre 1992 et 1996–, les atteintes aux droits humains et le conflit au Darfour qui a fait plus de 300.000 morts depuis 2003.

M. el-Béchir, premier chef d’Etat visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, est recherché pour « crimes de guerre », « crimes contre l’humanité » et « génocide » dans cette région de l’ouest du Soudan.

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