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Un village serait exproprié pour étendre la propriété présidentielle

Destruction des habitations à Mborero

Depuis deux ans, les habitants du village de Mbobero, dans l’est de la RDC assistent impuissants à la démolition progressive de leur village par la garde républicaine.

La démolition du village de Mbobero par la garde républicaine a commencé en 2016, obligeant les habitants à se déplacer. Plus de 2 000 personnes ont perdu leur logement pour permettre l’extension de la propriété du président. Les victimes disent vivre dans le dénuement. La garde républicaine dit  agir au nom du président de la République. Le chef de l’Etat congolais aurait acheté les terres de ce village, situé dans le Sud-Kivu. Du coup, les villageois sont obligés de quitter leurs terres sans compensation. Ils dénoncent l’implication des acteurs politiques proche de Joseph Kabila, notamment Norbert Bantitima Basengezi, vice-président de la Commission électorale nationale indépendante.

Baguma Kamémé, porte-parole du comité de défense des droits des victimes explique qu’ils n’ont « pas d’accès à l’eau, pas d’accès à l’électricité » parce que leur « cabine lui appartient déjà », de même que leur « château d’eau ». « Jusqu’à présent, nous avons des tracasseries de la part des militaires », ajoute-t-il. Les victimes avaient témoigné dans un documentaire intitulé Mbobero, la raison du plus fort est toujours la meilleure espérant que leur cri d’alarme soit entendu, ce qui n’a pas été le cas. Elles en appellent aujourd’hui au chef de l’Etat, car elles disent avoir reçu la visite de personnes qui se présentent comme des émissaires du président congolais, notamment le vice-président de la CENI. Selon le comité des victimes, cet émissaire crée la zizanie entre les villageois.

« Norbert Bantitima, le vice-président de la Ceni, ça fait deux fois qu’il arrive ici. Il tente de nous diviser », affirment-ils. « Il part avec deux de nous pour nous montrer que le président a dit qu’il va nous donner une partie de notre terre et qu’il fallait que nous retirions toutes les démarches entreprises, ce que nous qualifions de manœuvre politicienne. Nous voulons voir notre président, monsieur Joseph Kabila. » Joint le mois dernier par RFI, Norbert Bantitima Basengezi estimait quant à lui qu’il ne fallait blâmer ni le président Kabila ni lui-même pour le déroulement des évènements dans cette localité.

 

 



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