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Trois candidats pour prendre la tête de FO

Portraits, dans l’ordre alphabétique, des trois candidats au poste de secrétaire général de Force ouvrière, dont l’élection est prévue mercredi et jeudi.

– Patrice Clos : le leader au franc-parler –

Né le 1er juillet 1965 à Toulouse, ce conducteur autoroutier est rentré à FO il y a trente ans. Il monte progressivement les échelons au sein du syndicat et devient en 2011 numéro un de la fédération Transport. Réputé fin connaisseur des dossiers, ce militant dont la moustache fournie n’a rien à envier à celle de Philippe Martinez, le numéro un de la CGT, a fait de la transparence financière chez FO son cheval de bataille et réclame un audit financier.

Certains le présentent comme un anarchiste, ce qu’il dément: « je suis apolitique ». « C’est juste un gars honnête et indépendant », témoigne un soutien.

Ce Toulousain au franc-parler, fan de rugby et de pétanque, en veut à Jean-Claude Mailly de n’avoir pas manifesté contre les ordonnances réformant le code du travail en 2017, et d’avoir arrêté trop vite la mobilisation contre la loi El Khomri, en 2016. Il a d’ailleurs manifesté à l’automne 2017 contre les ordonnances, avec la CGT. Un an plus tôt, il avait contribué à ce que la loi travail ne modifie pas le régime dérogatoire sur les heures supplémentaires des routiers, après un bras de fer avec le gouvernement Valls. En 2017, il a mené la fronde pour protéger la rémunération des routiers. Salarié d’une entreprise privée de transport (Gefco) où il est élu, Clos se félicite de ne pas avoir « perdu la connexion du terrain ».

– Christian Grolier: l’orateur défenseur de la fonction publique –

Secrétaire général de FO fonction publique depuis avril 2012, il est né le 16 janvier 1966 à Montpellier.

Moniteur d’auto-école entre 20 et 25 ans, spécialisé pour la moto, il devient ensuite, pendant dix ans, inspecteur (statut fonction publique), puis délégué principal.

Adhérent de FO à partir de 1992, il devient deux ans plus tard délégué départemental en Isère, puis régional Rhône-Alpes avant d’être propulsé en 1999 secrétaire général adjoint du syndicat national des inspecteurs, cadres et administratifs du permis de conduire, puis numéro un de ce syndicat en 2004, poste qu’il occupe jusqu’en 2012. Cette année là, il est élu secrétaire général de la Fédération générale des fonctionnaires et entre au Comité confédéral national (le Parlement) de la confédération. Christian Grolier est également élu au Comité exécutif confédéral (direction élargie).

Les cheveux lissés en arrière, la parole précise et posée, il peut s’exprimer longuement en tribune sans regarder ses notes.

Un dirigeant FO le dit « abordable, à l’écoute » et fait taire des rumeurs qui le disent trotskiste.

Lui-même s’agace qu’on veuille le mettre « dans une case »: « je ne suis ni adhérent au parti ouvrier indépendant ni à la quatrième internationale ». Il cite comme modèle « Marc Blondel, sa volonté indéfectible de défendre à la fois l’indépendance du syndicat et les seuls intérêts des salariés ».

Un homologue d’un syndicat concurrent le décrit comme « radical »: « sous sa direction, FO a pris des positions extrêmes, figées, impossible de faire évoluer par la discussion ».

Mais cette « radicalité » peut ravir en interne: « Nous sommes face à un gouvernement très ferme et déterminé dans la destruction des acquis collectifs. Nous souhaitons une personne qui soit de la même hauteur », dit un responsable.

– Yves Veyrier: haut dirigeant proche de Mailly –

Né le 13 mai 1958, à Hussein Dey, en Algérie, qu’il quitte pour la France trois mois plus tard, Yves Veyrier est membre du Bureau confédéral depuis 14 ans.

Ingénieur des travaux de la météorologie, il exerce au sein de Météorologie nationale (actuelle Météo France), où il adhère à FO, puis gravit les échelons jusqu’à rentrer au Bureau confédéral en 2004, au côté de Jean-Claude Mailly, fraîchement élu secrétaire général. Il s’y attèle à la communication, ainsi qu’aux dossiers internationaux. En 2018, avec Pascal Pavageau, cet homme discret, affable, qui connaît la confédération comme sa poche, est maintenu au bureau.

Loyal, il se retrouve en 2017 dans la situation inconfortable de devoir faire le tour des unions départementales pour déminer la grogne interne devant le refus de Mailly de mobiliser contre les ordonnances.

Certains militants le qualifient de « clone » de Mailly, lui-même se dit « réformiste militant », « déterminé à +œuvrer+ pour l’émancipation de la classe ouvrière ».

« Il est anonyme, pas glamour mais il connaît FO et va pouvoir tenir la maison jusqu’au prochain congrès », estime un soutien.

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