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Syrie: les utilisations d’armes chimiques dans le conflit

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Depuis le début du conflit en Syrie en 2011, les forces en présence, en particulier celles du régime de Bachar al-Assad, ont été accusées à de nombreuses reprises d’avoir eu recours à des armes chimiques.

Depuis 2014, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) dit avoir enquêté sur 70 cas d’attaques au gaz en Syrie, sur un total de 370 signalements.

– Gaz sarin –

En août 2013, les forces du régime mènent des attaques dans la Ghouta orientale à Mouadamiyat al-Cham, des secteurs aux mains des rebelles près de Damas. L’opposition accuse le régime, qui a reconnu en 2012 posséder des armes chimiques, d’avoir eu recours à des gaz toxiques, ce qu’il dément.

Les Etats-Unis affirment avoir la « forte certitude » que le régime est responsable de cette attaque qui a fait selon eux au moins 1.429 morts, dont 426 enfants.

Mi-septembre, l’ONU publie un rapport selon lequel des « preuves flagrantes » de l’utilisation de gaz sarin ont été trouvées.

– Chlore, gaz moutarde –

Fin août 2016, une commission d’enquête de l’ONU et de l’OIAC affirme que des hélicoptères militaires syriens ont répandu du gaz de chlore sur au moins deux localités de la province d’Idleb, à Talmenes en 2014 et Sarmine en 2015.

La commission accuse en outre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) d’avoir utilisé en 2015 du gaz moutarde à Marea, dans la province d’Alep (nord).

En octobre 2016, un rapport de cette même commission conclut que l’armée syrienne a mené une attaque à l’arme chimique, sans doute du chlore, à Qmenas (province d’Idleb) en 2015.

– Khan Cheikhoun –

Le 4 avril 2017, un raid aérien frappe Khan Cheikhoun, localité contrôlée par des rebelles et des jihadistes dans la province d’Idleb, faisant 83 morts selon l’ONU, au moins 87 dont plus de 30 enfants selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Selon des médecins sur place, les symptômes relevés sont similaires à ceux constatés sur des victimes d’une attaque chimique.

En représailles, Donald Trump ordonne des frappes sur la base aérienne syrienne d’Al-Chaayrate (centre), dans la nuit du 6 au 7 avril.

Les experts de l’OIAC et de l’ONU confirmeront que du gaz sarin a bien été utilisé et que le régime de Damas est responsable de l’attaque, ce que le régime dément.

– Ghouta, Saraqeb –

Le 22 janvier 2018, l’OSDH rapporte 21 cas de suffocation à Douma, dans la Ghouta orientale, dernier fief des insurgés aux portes de Damas.

Des habitants et des sources médicales évoquent une attaque au chlore. Le 13 janvier, une attaque similaire avait visé la périphérie de la ville.

Le 4 février, au moins 11 cas de suffocation sont rapportés à Saraqeb (province d’Idleb). L’OSDH cite des habitants et des sources médicales faisant état d’un « gaz toxique ».

Le 25, 14 cas de suffocation, dont celui d’un enfant décédé, sont rapportés après un bombardement du régime sur l’enclave rebelle dans la Ghouta orientale, cible d’une offensive du régime. Un médecin évoque des « soupçons d’utilisation d’armes chimiques, probablement une attaque au gaz de chlore ».

Le 7 mars, l’OSDH indique qu’au moins 60 personnes ont souffert de difficultés respiratoires à Saqba et Hammouriyé, deux localités de la Ghouta, après des frappes du régime.

– Mise en scène –

Soutien indéfectible de Damas, la Russie a accusé mi-mars les rebelles syriens de chercher à mettre en scène des attaques chimiques qui serviraient de prétexte à des frappes occidentales.

Moscou a assuré avoir découvert un laboratoire à Efertis, village repris aux rebelles, et dénoncé le recours à « des figurants (..) pour jouer les victimes d’une attaque chimique ».

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