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Suspension du Cameroun de l’Agoa: un coup dur pour le régime de Biya (analyste)

L’ancien ministre camerounais des Travaux publics (2002-2006), Dieudonné Ambassa Zang, a déclaré à APA que la récente suspension du pays la Loi américaine sur la croissance et les opportunités de développement en Afrique (Agoa) «est un coup dur porté au président Paul Biya et à son régime».Joint par voie électronique depuis son exil en Occident, il a dit sa crainte que cette sanction, qui survient après la décision des États-Unis de réduire leur coopération militaire avec le Cameroun à sa plus simple expression, n’entraîne d’autres conséquences à la fois politiques et économiques d’envergure plus importantes de la part des Nations Unies, des institutions financières de Bretton Woods, de la Commission de l’Union européenne ou encore des agences de notation.

En affirmant que «le Cameroun n’a pas répondu à nos préoccupations concernant les violations persistantes des droits de l’homme commises par ses forces de sécurité. Ces violations comprennent les exécutions extrajudiciaires, les détentions arbitraires et illégales et la torture», il est clair que le chef de l’exécutif américain entend ainsi punir les violations des droits de l’homme commises par le régime camerounais.

A l’époque secrétaire général du ministère du Développement industriel et commercial, M. Ambassa Zang rappelle avoir, à plusieurs reprises, effectué des missions officielles au pays de l’oncle Sam dans le cadre de l’admission de son pays à l’Agoa. Laquelle éligibilité n’est prononcée qu’en faveur d’un pays ayant établi ou i fait des progrès continuels vers la bonne gouvernance, l’économie de marché, la lutte contre la corruption, la protection des droits des travailleurs, la réduction de la pauvreté, la protection des droits de propriété intellectuelle ou encore la mise en place d’un environnement favorable au commerce et à l’investissement.

«En analysant froidement le contexte, on ne peut pas dire que cette sanction soit injustifiée. On pourrait même dire qu’elle arrive assez tardivement», estime celui qui fut par ailleurs député à l’Assemblée nationale. Et de souligner que certains pays, à l’instar du Burundi, de la Centrafrique, de l’Érythrée, de la Gambie, de la Guinée Équatoriale, de la République démocratique du Congo, de la Somalie, du Soudan, du Soudan du Sud, du Swaziland et du Zimbabwe, avaient déjà été exclus à un moment ou un autre des facilités commerciales de l’Agoa.

Dans un autre sens, pour Dieudonné Ambassa Zang, même si l’Agoa a suscité incontestablement un accroissement des exportations du Cameroun aux États-Unis ces 10 dernières années, le bilan reste peu significatif au vu des chiffres du commerce extérieur de l’année 2017 : les États-Unis ne font pas partie des 10 principaux clients du Cameroun et n’arrivent qu’à la 9ème position parmi ses principaux fournisseurs.

Au plan de la balance commerciale, il est constaté un déficit persistant, les exportations camerounaises vers les États-Unis étant évaluées à près de 50 milliards FCfa en 2018. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont, selon des données officielles, atteint le cap de 366 millions de dollars, soit près de 212,44 milliards FCfa, en hausse de 32% par rapport à l’exercice 2017, soit largement en deçà de la barre des 487,7 millions de dollars franchie en 2015.

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Selon l’ancien ministre, l’Agoa, en dépit de la formidable opportunité qu’elle offre aux pays, souffre de plusieurs insuffisances dont la diversification des expéditions, érigée en leitmotiv et qui n’a pas connu d’avancées concrètes, la corbeille des exportations restant en outre dominée par les produits liés à l’énergie et les articles manufacturiers comme les vêtements.



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