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RDC : des Kinois nostalgiques de l’identité zaïroise

Les souvenirs du Zaïre plus présents que jamais

Un peu plus de deux décennies après la fin de la dictature de Mobutu, le Zaïre fascine encore. Cette page longtemps diabolisée de l’histoire de notre pays refait surface en pleine troisième République et séduit des milliers de Congolais à Kinshasa. Beaucoup portent aujourd’hui fièrement des t-shirts et képis frappés du drapeau zaïrois.

On se croirait dans les années du Mouvement populaire de la révolution (MPR, parti-Etat de Mobutu). Pourtant, nous sommes bel et bien en 2019. Le parti-Etat n’existe plus. Et cette tendance à la « zaïrianité » ne touche pas que la génération Z, même les plus jeunes la revendiquent. Alors qu’ils n’ont pas connu l’époque du maréchal Mobutu Sese Seko.

Christian, un jeune que j’ai rencontré, coiffé d’une casquette aux couleurs du drapeau zaïrois frappée d’un flambeau rouge, m’a dit : « Je ne suis pas né pendant les années du Zaïre, mais ce que j’ai entendu mes parents dire c’est que malgré la dictature, c’était une période faste de l’histoire de notre pays dont les hauts faits ont marqué l’Afrique, voire le monde entier. Le Zaïre d’autrefois était plus connu en bien que le Congo d’aujourd’hui ! »

Les souvenirs du Zaïre plus présents que jamais

Les souvenirs de cette époque de notre histoire diabolisée sous le règne de feu Laurent-Désiré Kabila conquièrent aujourd’hui les cœurs de nombreux compatriotes. Sur la scène musicale congolaise par exemple, le très célèbre chanteur Fally Ipupa s’affuble désormais du surnom de Mobutu, et il prend plaisir à s’afficher avec une toque comme l’Aigle de Kawele. Récemment, l’artiste et producteur Mohombi a posé avec une toque en peau de léopard et un abacost comme du temps du maréchal président. Les années du Zaïre ont également inspiré le clip devenu viral de l’étoile du slam congolais, Yekima de bel art.

Il n’y a pas que les hommes de culture qui se laissent influencés par cette tendance : les dernières élections ont vu beaucoup de plateformes électorales porter le nom du Zaïre. La Constitution congolaise de 2006 donnait déjà le ton à l’époque, en revenant sur la devise et les armoiries de l’époque de Mobutu.

A la lumière des faits qui précèdent, l’on voit aujourd’hui que les Congolais d’ici et d’ailleurs sont fiers de s’affirmer comme ayant un double héritage, se sentant à la fois zaïrois et congolais. Sommes-nous déçus par l’identité congolaise ?

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