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RDC : absence d’internet et de RFI

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La Radio France Internationale regrette le retrait de son accréditation et demande l’annulation de cette mesure.

Les populations de la République Démocratique du Congo, sont privées d’internet. Elles ne peuvent pas non plus suivre les informations de la chaîne de Radio France Internationale, à cause du retrait de l’accréditation à Kinshasa de cette radio. L’opposition et la société civile congolaise dénoncent cette situation dans tout le pays. Ils sont nombreux qui parlent de « hold-up électoral ».

RFI regrette le retrait de son accréditation et demande l’annulation de cette mesure. Et rappelle que jusqu’ici, elle a respecté sur ses antennes les textes en vigueur et n’a donné, contrairement à ce qui lui est reproché aucun résultat des scrutins de dimanche. Pour sa part, RFI ne diffusera que les résultats proclamés par la Céni, conformément à la réglementation.

RFI déplore la coupure de la quasi-totalité de ses émetteurs en RDC depuis mardi 01 janvier. Les coupures ont commencé par la capitale Kinshasa, avant que les autres relais FM de cette radio soient également coupés à Goma, Bukavu, Kisangani, Lubumbashi, Mbandaka, Matadi et Mbuji Mayi. RFI demande le rétablissement de sa diffusion sur le territoire congolais.

Pour Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président congolais et leader de la coalition Lamuka, si RFI est particulièrement visée, c’est parce que la radio mondiale a fait son travail, quand beaucoup d’autres au sein de la communauté internationale et notamment les Nations unies, se sont tus sur des irrégularités et des dysfonctionnements tout au long du processus électoral.

Le retrait de l’accréditation de Florence Morice, correspondante de RFI à Kinshasa, ainsi que le brouillage des émetteurs de la radio en RDC, arrivent dans un contexte plus général de fermeture de la communication dans le pays. Dès lundi, les autorités ont fait couper l’accès à internet et aux réseaux sociaux pour une durée indéterminée. La circulation des SMS a également été interrompue.

L’un des porte-parole du FCC, la coalition au pouvoir, Kikaya Bin Karubi, a expliqué que ces mesures avaient été prises pour éviter un « soulèvement populaire ». Pour autant, le Front commun pour le Congo « regrette la coupure d’internet » et en appelle aux autorités compétentes « à se montrer souples en procédant rapidement au rétablissement sur toute l’étendue du pays de ce support de communication ».

La coalition Lamuka autour du candidat Martin Fayulu estime que la coupure d’internet « augure de la fraude et de la tricherie en train de se faire ». L’entourage du candidat Félix Tshisekedi, avec la coalition Cach, met de son côté en garde : « Toute manipulation en changeant l’ordre d’arrivée à la présidentielle serait un scandale ».

L’Église catholique se dit indignée par la coupure de RFI en République démocratique du Congo. Pour le porte-parole de la Cenco, la Conférence épiscopale congolaise, il s’agit d’une atteinte à la liberté d’expression. L’abbé Donatien Nsholel la met sur le même pied que la coupure d’internet qui a ralenti, mais non pas bloqué, le travail des observateurs électoraux déployés par l’Église.

Coupure d’internet oblige, la Conférence épiscopale (Cenco) a dû retarder de 24h00 la présentation d’un rapport préliminaire sur les opérations de vote. Selon le secrétaire général de la conférence, l’abbé Donatien Nsholé, il a fallu prendre un peu plus de temps étant donné que le travail se fait par téléphone.

Le 2 janvier, le ministre de la Communication de RDC, Lambert Mende, a déclaré que les arguments de RFI seraient examinés en commission. « Nous allons écouter ces arguments, a-t-il déclaré. Si c’est valable, on y répondra positivement. Si ce n’est pas valable, nous maintiendrons la mesure ».

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