Politique › Institutions

Polémique entre opposition et majorité sur la loi de répartition des sièges

Le parlement de la RDC

Cette annexe de la loi électorale permet de distribuer les 500 mandats de députés à l’Assemblée en fonction du poids électoral des 26 provinces et de leurs circonscriptions. Le président Kabila a promulgué ce texte mardi 8 mai alors qu’une délégation de l’OIF est à Kinshasa pour réaliser un audit du fichier électoral tant contesté.

L’opposition dénonce une situation qui favorise la majorité, ce dont se défend le parti présidentiel qui pointe, lui, la réaction tardive de l’opposition sur le sujet. Selon l’opposition, le gouvernement et la CENI ont précipité le vote de cette loi, avant l’audit, pour favoriser la majorité. « La majorité au pouvoir sait qu’elle n’obtiendra rien comme voix aux élections. Et ce sont des manœuvres que nous avions dénoncées, même en termes de progression de la population », avance la secrétaire générale du MLC, Eve Bazaiba. Les provinces qui sont dans la sensibilité de l’opposition ont subi une réduction. Et de l’autre côté, les provinces où leurs leaders ont un pouvoir prépondérant au niveau de la majorité, on sent l’augmentation du nombre d’enrôlés.  Eve Bazaiba rajoute : « Ça cache, justement, la tricherie. Les chiffres erronés ont déjà été coulés sous forme de loi et la loi a été promulguée. Maintenant, l’OIF vient pour un travail a posteriori. Nous lui avons demandé quel sera l’impact, l’intérêt ? Est-ce qu’il faut encore écrire une autre loi ? Donc, c’est comme si on était en train de faire de l’autopsie, pratiquement, et que la personne ne ressuscitera pas ».

Pour Lucian Kasongo, député et secrétaire général du PPRD, le parti présidentiel, c’est l’opposition qui tente de manipuler l’opinion.  Il déclare son parti innocent de toute fraude et  rappelle que l’enrôlement a commencé en 2016, que le texte a été voté dans les mêmes termes par les deux chambres. L’opposition aurait donc dû manifester sa désapprobation plus tôt. « Vous devez comprendre que cette opposition n’est pas prête pour aller aux élections. L’opposition cherche des raisons, des échappatoires, pour qu’on ne puisse pas organiser les élections le 23 décembre », estime-t-il. A la question de savoir pourquoi ne pas avoir attendu que l’audit par l’OIF soit terminé avant de faire la loi de répartition des sièges, le secrétaire général du PPRD rétorque que l’audit « n’a rien à voir ». « C’est pour la certification que le fichier est viable, explique-t-il. Mais il y avait des problèmes. On a commencé les opérations d’identification d’enrôlement des électeurs en 2016. C’est seulement aujourd’hui, à quelques jours du dépôt de candidatures, qu’on vous dit qu’il y a eu des fraudes. C’est faux et archifaux ».

 



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