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Patrick Muyaya dresse le bilan de son mandat de député

Le député national Patrick Muyaya a présenté le samedi 13 octobre dernier à son électorat, le bilan de son mandat durant pendant la législature à l’Assemblée Nationale.

Sécurité, Santé et Éducation, sont entre autres les secteurs sur lesquels  Patrick Muyaya avait canalisé ses actions à la chambre basse. L’élu du district de la Funa déplore cependant, le manque de suivi des recommandations faites par le parlement à l’endroit du gouvernement. Et  invite ainsi ses collègues à se livrer au même exercice de redevabilité.

 Quel bilan faites-vous Après 5 ans de mandat à l’Assemblée Nationale?

Il est difficile de faire un bilan en tant que député, puisque nous faisons un travail collectif. Nous sommes 500, et il est difficile de s’isoler pour faire un bilan qui puisse véritablement refléter la contribution que nous avions faite. Mais l’exercice d’hier était symbolique parce que nous avons voulu montrer que nous nous inscrivons dans la dynamique du changement des pratiques de la politique en RDC. J’ai été élu jeune, j’avais 29 ans. C’était une grande responsabilité pour ceux qui avaient fait le choix de me désigner. Je me devais donc au terme de l’exercice, de venir leur faire un compte rendu de ce qui a été fait. Un compte rendu formel puisque durant nos vacances parlementaires ou d’autres activités, nous sommes toujours en phase avec nos électeurs. Mais l’exercice d’hier avait une connotation particulière parce que nous l’avons systématisé. Nous avons voulu d’abord faire un petit travail pédagogique en expliquant l’Assemblée Nationale, puisque beaucoup de gens confondent les prérogatives qui sont les nôtres (légiférer, contrôler le gouvernement etc.). J’ai circonscrit mon propos en fonction de ça pour que mes électeurs qui ont été représentés puissent avoir une idée du travail global que nous avons fait durant ce mandat.

Qu’est-ce-qui a été fait concrètement ?

Beaucoup d’initiatives de contrôle parlementaire. La question du coût de l’internet notamment. Vous vous souvenez en août 2016, il y a eu cette hausse brusque du prix de l’internet. Nous avons soulevé la question au niveau du parlement, et nous l’avons débattue au niveau des médias, et nous avons réussi à faire baisser le prix. Aussi nous avons fait un suivi pour nous assurer que les opérateurs ne haussent pas le prix. Ça, c’est un exemple et je ne compte pas le nombre de fois depuis 2012 à ces jours que nous avons établi une sorte de partenariat sous mon initiative avec le ministère de l’Intérieur et de sécurité pour être sur de toutes les opérations qui sont menées contre le Kuluna et récemment contre le phénomène «Ujana». Nous rassurer que ces opérations sécuritaires sont menées en tenant compte de certains préalables pour que ces opérations ne paraissent pas punitives pour des jeunes ayant les problèmes sociaux mais plutôt recadrent et assurent un équilibre dans la société. Nous avons fait autant de plaidoyers dans le secteur de l’éducation parce qu’il faut améliorer le sort des enseignants, les conditions dans lesquelles nos enfants étudient (…) Mais nous avons principalement axé notre action sur l’éducation, l’enseignement, la représentativité des jeunes à tous les niveaux et sur la prise en compte des problématiques des jeunes notamment l’emploi etc.

La  population interrogée se dit  pourtant déçue, que répondez-vous à celle-ci ?

La population nous juge plus en fonction de ses besoins de logement, de funérailles, de minerval, de santé. Ce sont les difficultés liées au contexte du pays. S’il n’y avait pas cette perception-là, avec les 180 lois que nous avons adoptées, la population aurait vu que nous avons battu un record. La population ne nous juge pas d’abord en fonction du travail qui est le nôtre, elle nous juge plutôt en fonction de ses attentes. C’est pour ça que beaucoup de candidats qui viennent font de la démagogie avec de choses qui ne pourront pas réaliser. Ça pose même la question de l’efficacité de l’institution que nous dirigeons. Mais c’est le peuple qui doit nous juger parce que c’est lui qui nous élit. Pour ma part j’ai voulu briser cette spirale et j’invite les autres collèges à le faire. Même le président Minaku doit le faire pour le compte de l’Assemblée nationale pour expliquer ce qui a été fait dans le cadre de l’élaboration des lois.

 

Quelles sont les retombées de votre travail comme député?

Aujourd’hui nous avons le réseau des jeunes parlementaires qui est une initiative que nous avons pilotée et qui s’assure que les questions des jeunes figurent dans l’agenda parlementaire. Vous ne savez pas ce que ça représente, lorsqu’on vous dit que dans telle loi on avait proposé que l’âge pour devenir tel doit être de 35 ans et nous le ramenons à 25 ans. Vous ne savez pas ce que ça peut représenter d’avoir fait en sorte que dans le budget on maintienne au-dessus de 10 à 15% la part du budget consacré à l’éducation. Vous ne pouvez pas non plus imaginer ce que ça fait d’être sûr que dans tout ce que nous faisons les jeunes soient considérés de manière prioritaire. Ça, c’est le travail que nous avons fait au niveau de l’Assemblée Nationale mais n’oubliez pas non plus le travail du plaidoyer puisque sans cesse nous avons fait les plaidoyers à tous les niveaux. C’est aussi ça le rôle du député. Et donc si vous pensez que le mandat du député devrait servir à construire des ponts, des routes et à donner de l’eau, vous vous trompez. Mais pour résoudre justement puisque nous vivons en société et sommes conscients de nos difficultés, nous parlons et nous continuons de parler du développement participatif parce que le député est le seul de tous ceux qui sont connus avec le président de la République à être en contact direct avec le peuple.

Qu’est-ce qui va être fait à la prochaine législature ?

Il faut construire une relation de fidélité avec le peuple. Je l’ai fait hier et j’invite mes collègues à le faire. Ceux qui n’ont rien à craindre, ne cachent rien. Le peuple doit comprendre le travail que nous faisons. Il doit savoir quel est le véritable état du pays. Ce n’est pas en cinq ans, qu’on va régler tous les problèmes du Congo. En l’espace d’un mandat ou deux mandats, on peut être en mesure de partager une vision pour montrer qu’on a envie changer les choses.

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