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«Paradise Papers»: comment Glencore s’est emparé d’une mine de cuivre en RDC

epa02741395 (FILE) A file photo dated 14 April 2011 shows the company sign and in front of commodities group Glencore International AG in Baar, Switzerland. The world's largest diversified commodities trader made a strong debut on the initial grey market 19 May 2011, five days ahead of the official launch at the London stock exchange on 24 May and Hong Kong on 26 May 2011. EPA/URS FLUEELER

La société Glencore, est impliquée dans le rachat d’une mine de cuivre en République démocratique du Congo aux côtés d’un homme d’affaires israélien.

Les « Paradise Papers », cette nouvelle enquête du Consortium des journalistes d’investigation à partir de la fuite de documents de sociétés basées dans les paradis fiscaux, met en lumière à la fois l’optimisation fiscale des grandes sociétés internationales mais aussi leurs transactions douteuses. C’est le cas de la société Glencore, le géant minier suisse qui est impliquée dans le rachat d’une mine de cuivre en République démocratique du Congo (RDC) aux côtés d’un homme d’affaires israélien. Cette affaire avait déjà été dénoncée par l’ONG Global Witness.

On savait déjà, depuis les enquêtes menées par l’ONG Golbal Witness, que Glencore avait recours pour ses affaires en République démocratique du Congo (RDC) aux services de Dan Gertler, homme d’affaires à la réputation sulfureuse.

On sait désormais grâce aux « Paradise Papers » que Glencore a fourni à son partenaire un prêt de 45 millions de dollars pour l’aider à prendre le contrôle de la mine de Katanga et lui permettre de réaliser une substantielle économie. Il faut savoir que cette mine de Katanga est l’un des plus gros gisements de cuivre au monde.

En 2007, quand Glencore souhaite en prendre le contrôle, les propriétaires de la mine – dont la société publique Gécamines – n’y sont pas favorables et réclament un droit d’exploitation d’un demi-milliard de dollars.

C’est alors que Glencore fait appel à Dan Gertler, ami personnel du président Joseph Kabila et de son conseiller, Augustin Katumba Mwanke, l’homme qui négocie tous les contrats miniers du pays.

En deux ans, Dan Gertler parvient à réduire le droit d’exploitation à 140 millions de dollars, ce qui revient donc à 350 millions de perdus pour les Congolais. Selon les « Paradise Papers », Glencore aurait prêté 45 millions de dollars à Gertler pour qu’il puisse participer à une augmentation de capital de Katanga et ainsi devenir son principal partenaire.

Gertler figure sur plusieurs listes noires destinées aux investisseurs qui considèrent que travailler avec lui revient à s’exposer au risque de corruption.

D’autres documents mettent en lumière des pratiques gênantes au Burkina Faso. Une révélation qui n’étonne pas le porte-parole de l’ONG Oxfam, Quentin Tarrinello. « Malheureusement on a affaire à des pratiques qui sont extrêmement répandues dans le cadre de l’activité des multinationales en Afrique et particulièrement dans le cadre de ce qu’on appelle les industries extractives », commente-t-il, rappelant d’autres affaires révélées par des médias sur Glencore, notamment au Burkina. « Là on aurait affaire à une manière d’opérer par Glencore afin de réduire les paiements faits à l’autorité du Burkina Faso, affirme-t-il. L’autorité fiscale du Burkina Faso s’est exprimée sous couvert d’anonymat en disant que Glencore profitait des failles de la législation pour payer le moins d’impôts possible au Burkina. »



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