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Oslo : l’Américaine Karen Uhlenbeck, première femme récompensée du prix Abel de mathématiques

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Karen Uhlenbeck.

La chercheuse, spécialiste des équations aux dérivées partielles, recevra officiellement le prix, ainsi qu’une récompense de 620 000 euros, le 21 mai prochain à Oslo.

La science a fait mardi un pas vers la reconnaissance des travaux des chercheuses. Pour la première fois, le prestigieux prix Abel de mathématiques a été remis à une femme, l’Américaine Karen Uhlenbeck, spécialiste des équations aux dérivées partielles. Il lui sera remis officiellement à Oslo le 21 mai prochain, avec une récompense d’environ 620 000 euros.
« Son travail fondamental dans l’analyse géométrique et la théorie de jauge qui a radicalement modifié le paysage mathématique », a annoncé Hans Munthe-Kaas, président du comité Abel, créé en 2003 par le gouvernement norvégien pour compenser l’absence de Nobel de mathématiques.
« Ses théories ont révolutionné notre compréhension des surfaces minimales, telles que celles formées par des bulles de savon, et des problèmes de minimisation plus généraux en dimension supérieure », a-t-il poursuivi.
Les femmes absentes des récompenses scientifiques
Âgée de 76 ans, Karen Uhlenbeck est notamment maître de recherches universitaires invitée à l’Université de Princeton, où elle a fondé en 1994 un « Programme pour les femmes et les mathématiques ». En décrochant ce prix, elle entre dans le club encore restreint des femmes ayant décroché une prestigieuse récompense scientifique.

Sur les 607 lauréats du prix Nobel en physique, chimie et médecine, on trouve en effet seulement 19 femmes, et l’autre grand prix mondial de mathématiques, la médaille Fields, n’est revenue une seule fois à une femme, en 2014, à l’Iranienne Maryam Mirzakhani, décédée en 2017.
« C’est difficile d’être un exemple »
« Je suis consciente d’être un modèle pour les jeunes mathématiciennes, a déclaré Karen Uhlenbeck. Mais c’est difficile d’être un exemple, car ce qu’il faut vraiment faire, c’est montrer aux étudiants combien les gens peuvent être imparfaits et réussir malgré tout », assure la chercheuse, qui fut également la première mathématicienne élue à l’Académie nationale des sciences.
« Il faut qu’il y ait une ‘masse critique’, pas seulement des individus vraiment exceptionnels, pour que le milieu des mathématiques reconnaisse et accepte les femmes comme aussi talentueuses que les hommes », a indiqué la mathématicienne Alice Chang Sun-Yung, membre du comité Abel. « Mais les choses commencent à changer », a-t-elle ajouté, en citant l’exemple de la mathématicienne française Claire Voisin, lauréate de plusieurs prix dont le prix Shaw en 2017.

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