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Mauvais goût

Les divergences au sein de la classe politique congolaise poussent bon nombre d’analystes à croire que chaque année sera, de vive allure, celle de l’hécatombe. Depuis quelques temps, déjà pendant les ultimes années de la fin du deuxième et dernier mandat officiel du Président de la République, c’est pratiquement le combat acharné qui s’aiguise entre l’opposition contractée dans la logique du déboulonnage des bases du pouvoir actuel et la majorité se confiant au cours de l’eau que propose le temps.

Faute d’entente et, surtout, en vertu du mauvais goût effréné de la recherche des intérêts personnels et partisans, les solutions idoines n’ont jamais été trouvées lors des différentes discussions et accords entre les acteurs socio-politiques de toutes les catégories, ou dans le pire des cas, ce sont des décisions prises d’un commun accord, dont les parties prenantes ne s’engagent fermement pas à respecter les retombées de plein gré.

Le devoir patriotique a-t-il peut être quitté le cercle dirigeant des autorités congolaises, et même, de tout le peuple qui ne se préoccupe plus que de son ventre abandonné à son triste sort ? Telle est la question fondamentale.  Il s’avère que la guerre d’idées est la plus louable de toutes les guerres. Puisque, non seulement, elle peut mener les barges d’un peuple au summum de son périple, mais surtout parce qu’elle peut servir de commun diviseur entre plusieurs propositions découlant de la classe dirigeante opposition et majorité. Néanmoins, si cette guerre, malgré son prolongement dans le temps, ne satisfait pas le besoin primaire consistant à unir les différentes parties pour le développement du pays et l’émergence de la jeunesse congolaise méconnaissable, elle n’est plus d’une utilité primordiale à être engagée.

Dans le cas d’espèce, en République Démocratique du Congo, le dialogue de l’Union de la Cité Africaine chapeauté par Edem Kodjo en 2016, a été institué à Mont-Ngaliema, pour tenter de résoudre, si besoin en était encore, l’équation ou la querelle née de la non-tenue des élections dans le délai constitutionnel, à la fin du deuxième et dernier mandat de Joseph Kabila.

Bien entendu, l’Accord du 18 octobre 2016 n’a pu être mis en application après le déboulonnement du gouvernement Badibanga. Plus tard, il aura donc fallu conclure de nouvelles discussions, le 31 décembre 2016 sous l’égide de la CENCO, pour tenter un nouveau miracle.  Ce qui a permis d’accorder, entre autres, douze mois de rallonge au Chef de l’Etat pour lui permettre d’honorer l’engagement d’envoyer le peuple congolais aux urnes. En 2018, ce peuple n’a toujours pas obtenu ses élections malgré les assurances de la CENI, du CNSA et Gouvernement.

Dans une telle logique, celle de la Majorité, l’Accord a été respecté et il y a des signaux clairs qui annoncent la tenue effective des scrutins prévus le 23 décembre 2018. Dans l’autre logique, celle de l’opposition contestataire de la mauvaise gestion de la chose publique, le fiasco de l’Accord de la Saint Sylvestre n’est pas mis en doute. Aucun des arrangements signés sous la bénédiction des Evêques n’a été pris en compte.

Certes, les avis sont partagés mais pour plusieurs congolais, l’Accord du 31 décembre 2016, devenu caduque, n’a pas eu gain de cause pour consacrer l’organisation du processus électoral en RD. Congo.

Aujourd’hui, le Gouvernement et les parties prenantes s’engagent dans la ligne unidirectionnelle des prochaines élections et pointent du doigt accusateur sur tous ceux qui oseraient s’y opposer. Mais, ces élections auront-t-elles résolues les tracasseries majeures du citoyen en désaccord à son organisation ? Ceux qui se déclarent être au centre des démêlés proposent, curieusement, une autre relance des discussions pour souder les précédents accords, engager ceux qui ont été écartés auparavant et aplanir les divergences résiduelles en cette période pré-électorale.

S’agit-il là, d’un aveu d’impuissance pour les uns ou d’un nouveau deal pour les autres ? Le mieux serait, en tout cas, d’opter, quelles que soient les raisons, pour une logique qui donne la primeur au peuple souverain et qui privilégie, après tout, les intérêts de tous.

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