› Elections 2018

Machine à voter ou « machine à tricher »

Machine à voter, sujet de polémique en RDC.

A un mois des élections en République Démocratique du Congo, les populations ne sont toujours pas outillées sur le fonctionnement de la machine à voter qui suscite des polémiques.

 Les machines à voter que compte utiliser la CENI pour la tenue des prochains scrutins, sont fabriquées en Corée du Sud. C’est une réalisation de Miru Systems, une entreprise coréenne. A-Web une organisation coréenne sans but lucratif, a apporté un soutien technique à la Commission électorale de la RDC, en rapport à l’utilisation de ces machines.

Mais la Corée du Sud, a tout de même précisée que cette organisation a coupé tout liens avec la République Démocratique du Congo, à cause de la position sceptique du gouvernement coréen. La corée indique avoir expliqué au fabricant de ces machines les risques potentiels en cas d’exportation de ces machines. Et en RDC, plusieurs partis et regroupements politiques de l’opposition comme l’UDPS, Ensemble pour le Changement, le MLC, l’UNC, et Dynamique de l’opposition avaient publié une déclaration commune dans laquelle ils exigent son abandon.

Comment se présente cette machine ?

 « Machine à tricher, machine à voler… Je suis venu vraiment voir…», lui, c’est un membre d’un parti politique proche de la majorité présidentielle, cet électeur a encore des doutes, bien que son parti soutienne déjà l’usage de la machine à voter.  Cet outil électoral se présente sous la forme d’un écran tactile de 21 pouces. Il s’avance avec son bulletin vierge. « Voilà, on me donne la possibilité de faire l’élection présidentielle. Je remarque beaucoup de visages, je vais devoir faire un choix… », poursuit-il.  En 58 secondes, à l’aide de son doigt, sans réfléchir étant donné, que c’est une simulation, il vote pour un candidat à la présidence de la République, un autre candidat député national et enfin un candidat député provincial. Une fois le choix opéré, il retire son bulletin imprimé pour l’introduire dans l’urne.

« Si quelqu’un connaît le numéro d’un de ses candidats, en 30 secondes, on a fait les trois votes », avance Désiré Molekela, directeur de la sensibilisation à la CENI. On se demande comment les personnes vivant dans les zones reculées du pays feront pour se servir de cette machine. Jusqu’ici, cet outil n’est toujours pas disponible sur toute l’étendue du territoire congolais. Seules les grandes agglomérations ont déjà reçu leur lot. Plusieurs personnes s’interrogent également sur le choix qu’a opté la CENI, d’utiliser une machine à voter, dans un pays marqué également par le déficit d’accès à l’électricité. Désiré Molekela soutient que la CENI s’est préparée à cette réalité. « Il y a une batterie externe qui a une autonomie de 24 heures et une batterie interne d’une autonomie de 10 heures. Or le vote dure 11 heures donc en principe il n’y aura pas de problème. On aura également des générateurs dans chaque centre de vote. »

De polémique en polémique

La CENI dit avoir invité tous les partis à venir tester ce système de vote et ajoute que la campagne de sensibilisation se poursuivra jusqu’à la veille des élections. Malgré cela, la Symocel, l’une des missions d’observation électorale de la société civile demande à la CENI de ne pas utiliser la machine à voter, puisque celle-ci est contestée par l’opposition. Jusqu’ici, la commission électorale assure que sans la machine à voter, il n’y aurait pas d’élections le 23 décembre. Mais pour la Symocel qui regroupe une dizaine d’organisations de la société civile spécialisées dans la question des élections, il n’en est rien. La machine à voter n’apparait de toute façon nulle part dans le calendrier et l’opposition refuse son emploi.

Le recours à la machine à voter par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pourrait «mettre en danger la tenue pacifique et ordonnée des élections», a averti le gouvernement de la Corée du Sud, par le biais de son ambassade à Kinshasa, dans un document datant du 2 avril 2018. «Au vu de la situation actuelle en RDC, la communauté internationale est préoccupée que le gouvernement congolais puisse une fois de plus retarder l’élection ou mettre en danger la tenue pacifique et ordonnée de l’élection», peut-on lire dans ce document intitulé «La position du gouvernement de la République de Corée sur l’utilisation par le gouvernement congolais des machines à voter aux prochaines élections.»

Exporter les machines à voter au Congo pourrait donner au gouvernement congolais un prétexte pour des résultats indésirables liés aux élections, notamment le retard additionnel de la tenue des élections, et aussi le danger de devenir une cible des critiques.  Le rapporteur de la CENI, Jean-Pierre Kalamba indique que son institution n’est pas inquiète, étant donné que Miru Systems, le fabricant coréen des machines à voter, n’a pas signalé un quelconque problème.

L’Opposition Congolaise continue à rejeter la machine à voter que propose la CENI pour les élections du 23 décembre. Le directeur du cabinet de la plateforme d’Ensemble, Olivier Kamitatu a déclaré, ce jeudi 22 novembre sur France 24, qu’« au jour d’aujourd’hui c’est encore possible que la CENI imprime les bulletins de vote ». « Nous mettons en demeure Corneille Nangaa, président de la CENI, de respecter la loi électorale, de nous donner le bulletin de vote » a-t-il averti avant d’affirmer que Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean Pierre Bemba demandent à la population de ne pas boycotter les élections. Pour Olivier Kamitatu l’usage de la machine à voter aux élections en RDC est une illégalité absolue à la loi électorale. La population doit se présenter en masse, poursuit-il, devant tous les bureaux de vote pour dire à « Nangaa de donner le bulletin de vote, s’il n’y a pas de bulletin vote, nous prendront un bulletin, et nous mettrons le nom du président que nous voulons ».



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