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Lutte contre le paludisme : les scientifiques africains en quête de solutions

Quelque cinq cents scientifiques de plus de cinquante pays d’Afrique se réunissent à Kigali, du 26 au 29 septembre, dans le cadre de la 8e conférence annuelle de l’Association panafricaine de lutte anti-vectorielle (Panafrican mosquito control association), dont le but est de trouver les moyens d’éradiquer le paludisme.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, un enfant meurt du paludisme toutes les deux minutes et chaque année, plus de deux cents millions de nouveaux cas de cette maladie sont notifiés.

Pour Duncan Kobye Athinya, spécialiste des insectes et participant à la 8e conférence annuelle de l’Association panafricaine de lutte anti-vectorielle, interrogé par « Radio France internationale », il est devenu urgent de « travailler tous ensemble de sorte que les maladies à transmission vectorielle, parfois appelées les maladies des pauvres, soient réellement éliminées du continent africain ». « Par exemple, en assurant une collecte uniforme des données. En effet, avec une meilleure harmonisation, les données collectées dans diverses parties de l’Afrique subsaharienne pourront être comparées et des scénarios créés pour trouver les meilleures solutions pour éradiquer le paludisme », a-t-il poursuivi.

Notons que cette conférence annuelle intervient une semaine après le sommet des Nations unies à New York, où le Fonds mondial a mobilisé 14,2 milliards de dollars afin de lutter contre le paludisme, mais aussi contre la tuberculose et le sida, même si l’objectif est de 18 milliards, rappelle la porte-parole de l’ONG Speak Up Africa, Maelle Ba.

« Nos dirigeants en Afrique doivent prioriser cette maladie, on attend plus d’investissement au niveau de l’Afrique dans la lutte contre le paludisme », cette maladie qui tue en Afrique plus qu’ailleurs, a-t-elle confié à « Radio France internationale ».

Cependant, le drame est que les chercheurs africains peinent à mettre en commun leurs connaissances pour venir à bout de cette maladie.

Le responsable technique chez le fabricant de moustiquaires Vestergaard, Athinya, est néanmoins conscient des défis. La pandémie de covid-19 a notamment ralenti les progrès accomplis au cours des deux dernières décennies. « C’est peu probable que nous arrivions à atteindre l’objectif (de 2030) pour éradiquer le paludisme, mais cela ne veut pas dire que rien n’a été fait », a-t-il fait savoir.

Seulement, a-t-il ajouté, il faut aller plus loin. « Il nous faut des plateformes comme cette conférence de l’Association panafricaine de lutte anti-vectorielle. La plupart des pays du continent sont présents pour partager leurs idées », avec à la clé des partenariats signés à la fin du sommet.

Mais il y a problème. Les différents pays africains ont encore du mal à partager leurs connaissances pour s’attaquer aux problèmes de santé. D’après un rapport de Thomson Reuters, sur les six pays les plus performants en matière de recherches, aucun ne comptait un pays africain parmi ses principaux partenaires.

Dans une tribune publiée vendredi dernier, son organisation de plaidoyer présente au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Sénégal, a interpellé les dirigeants à New York pour leur demander de redoubler d’efforts, afin de mettre fin au paludisme qui, selon Maelle Ba, « tue un enfant dans le monde chaque minute », 96% d’entre eux se trouvant en Afrique.



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