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Les journaux camerounais à fond sur le fait sociopolitique

L’avènement d’une loi contre le tribalisme, mais également la veillée d’armes pour les élections législatives et municipales, occupent une place de choix dans les journaux camerounais parus jeudi.Il y aura bientôt de lourdes sanctions contre les dérives tribales, annonce le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, à propos du cadre répressif proposé au Parlement par l’exécutif, qualifiant le discours haineux de fléau social de plus en plus décrié à travers le pays et qui trouve un terreau fertile à travers les réseaux sociaux. Sur ces plateformes en effet, appuie L’Anecdote, les dérives langagières, la haine et le tribalisme sont devenus la chose la mieux partagée dans le pays.

«Tribalistes de tous bords, la récréation est terminée !» s’écrie Mutations, saluant lui aussi la pénalisation attendue d’un phénomène qui s’étend telle une gangrène, mettant en péril la cohésion sociale. Il faut préciser, appuie Le Jour, que jusqu’à présent le Code pénal camerounais ne punissait que les outrages aux races et aux religions.

Les causes du tribalisme sont multiples, mais se ramènent toutes à une seule chose actuellement : la quête du pouvoir présidentiel, analyse, dans les colonnes de Mutations, l’historien et écrivain Dieudonné Enoh Meyomesse : «Parce que les Camerounais se plaisent dans le tribalisme, voilà l’explication. Il ne revient pas au seul gouvernement de lutter contre ce fléau, mais à l’ensemble du peuple camerounais. Or, celui-ci le désire-t-il vraiment ?»

Et voici que la même publication, au sujet des élections législatives et municipales du 9 février prochain, constate un phénomène quasi-général au sein des partis politiques, pour ces scrutins de proximité, qui privilégient les investitures directes de leurs candidats, plutôt que les primaires considérés comme la volonté du peuple.

C’est sur ces entrefaites que le Front social démocratique (SDF), le premier parti de l’opposition parlementaire, vient de virer à 180 degrés, lui qui, ironise le même journal, après avoir appelé au boycott a finalement lancé les investitures de ses candidats. Il convient de noter, appuie Défis Actuels, qu’avant ce revirement, la participation du SDF à ces élections ne faisait pas l’unanimité au sein même du parti.

La formation de Ni John Fru Ndi y va finalement, acquiesce The Horizon. Un véritable rétropédalage, par rapport aux résolutions prises le 10 août dernier où cette formation jurait, soupirent Cameroon Tribune et The Guardian Post, de se mettre en réserve de la vie politique tant que le n’aura pas ramené la paix dans les régions anglophones, en proie à une féroce guerre sécessionniste.

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«Le SDF s’engage dans la panique», titre le bihebdomadaire Aurore Plus pour qui si, dans les régions anglophones sous conflit, cette formation peut continuer de caresser l’espoir de sauver les meubles en glanant quelques postes dans son fief naturel, grâce au sursaut d’orgueil du régime Biya qui tiendra, quitte à militariser tous azimuts, à y organiser le double scrutin, cette espérance s’avère par contre hasardeuse dans la région de l’Ouest où le parti pouvait continuer, voici un quinquennat encore, à compter sur quelques bastions imprenables qui lui sont désormais contestés par d’autres partis de l’opposition.



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