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Le retour de Biya et l’élimination des «Lions indomptables» à la Can en vedette dans les journaux camerounais

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Le retour du couple présidentiel à Yaoundé, après un court séjour privé mouvementé en Europe, entretiennent la controverse dans les journaux camerounais parus lundi, lesquels se déchaînent aussi après la sortie de la sélection de football à la Coupe d’Afrique des nations (Can) «Égypte 2019».«Biya de retour chez lui après une visite troublée à Genève», «Paul Biya prié de quitter Genève», «Paul Biya : le voyage le plus long», «Le retour inattendu de Paul Biya», «Manifestations : l’effet Genève», «Contestations : l’humiliation de Genève», «Paul et Chantal Biya rentrent chez eux après un séjour controversé à Genève», «Le retour du bien aimé», «Retour du chef de l’État : Yaoundé fait un triomphe à Paul Biya», titrent respectivement The Sun, Intégration, Mutations, Défis Actuels, Le Jour, La Voix du Centre, The Guardian Post, L’essentiel et Cameroon Tribune.

Alors que la première publication citée évoque «un bref séjour marqué par la violence», pour Le Jour, de retour au Cameroun depuis vendredi après-midi, le chef de l’État vient sans doute de vivre son «court séjour privé en Europe» le plus agité : à peine a-t-il frôlé le sol suisse que le 25 juin, des Camerounais de la diaspora, regroupés au sein de la «Brigade anti sardinards» (Bas), ont manifesté à l’hôtel Intercontinental de Genève où le chef de l’État était logé, provoquant la riposte des éléments de la sécurité présidentielle.

Le couple présidentiel revient au Cameroun après une villégiature suisse de 12 jours, qui n’aura pas été pour eux, un long fleuve tranquille, confirme Défis Actuels, rappelant les mêmes échauffourées en deux temps, les protestataires ayant donné un ultimatum de 3 jours aux autorités suisses pour écourter le séjour de Paul Biya à Genève.

Lasses des manifestations et incidents à répétition provoqués par la présence du président camerounais, les autorités helvétiques ont dû se résoudre à pousser dans un aéronef leur vénérable hôte, acquiesce Intégration.

Dans l’avion qui l’a transporté de Genève à Yaoundé, le chef de l’État a certainement médité sur les derniers évènements qui ont empoisonné à l’acide son dernier «court séjour privé» en Europe, le voyage a dû lui sembler interminable, tant feuilleter les pages du roman noir de son odyssée genevoise a pu s’avérer laborieux, soupire Mutations.

«Pour un homme d’État, le sursaut d’orgueil peut se nouer devant une haie qui paraît infranchissable. S’il est convaincu du volume et du sens des suffrages valablement exprimés à son bénéfice par le peuple camerounais à la dernière présidentielle, Paul Biya doit s’employer par des actes concrets et diligents à justifier sa légitimité, à donner corps à son serment du 6 novembre. Sans d’inutiles atermoiements et d’ennuyeux louvoiements, lesquels se prêtent mal à la gravité de la situation à laquelle le pays fait aujourd’hui face. Jadis son allié, le temps est dorénavant le principal adversaire du chef de l’État.»

Pour L’essentiel, pas question de céder au catastrophisme, tant les Camerounais continuent d’aimer leur président, eux qui, émus et choqués par les perturbations de la Bas, ont tenu, en fin de semaine dernière à Yaoundé, la capitale, ont tenu à réaffirmer que Paul Biya est le seul président élu du Cameroun.

Le couple présidentiel a eu droit à un accueil enthousiaste des populations de la capitale et de ses environs, sorties en masse l’ovationner, confirme le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune.

C’est la même publication qui, sur le terrain footballistique, s’empresse de s’écrier : «Can 2019 : c’est fini pour les ‘’Lions »», les tenants du titre, «sans gloire» selon Le Jour et qui «ont perdu leur couronne», écrit Le Messager, ayant été éliminés de la compétition par leurs éternels bourreaux nigérians.

Les «Super Eagles» ont encore dompté les fauves camerounais, prolonge The Sun alors que, pour l’entraîneur Jean Alain Bivina, interrogé par Mutations, l’entraîneur hollandais Clarence Seedorf doit débarrasser le plancher : «Celui-ci a montré ses limites. C’est vrai que ce n’est pas bon de changer des sélectionneurs chaque fois que nous enregistrons une mauvaise performance dans une compétition internationale. Mais, si les mêmes causes produisent les mêmes effets, il est mieux que ce monsieur débarrasse le plancher. Nous ne pouvons pas évoluer avec les gens qui non seulement sont au début de leur carrière mais aussi sont manipulés.»

Le sélectionneur a souvent manqué de lisibilité dans son travail et ça s’est vu durant ce tournoi : il n’est pas certain que la paire qu’il forme avec son compatriote Patrick Kluivert reste encore très longtemps sur le banc de touche, confirme Repères.

« »Lions indomptables » : le ‘’crime » a payé en Égypte», s’insurge Intégration, constatant qu’après s’être amusée avec les modestes Écureuils du Bénin (0-0), la bande à Clarence Seedorf a été dévorée par des ‘’Aigles » qui n’étaient pourtant pas des foudres de guerre.

«Quant à nous, je pense que la défaite est là, il ne sert à rien de pleurer mais plutôt de se tourner déjà vers la Can 2021 qui aura lieu chez nous au Cameroun», explique l’attaquant Karl Toko Ekambi dans Défis Actuels.



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