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« Le chant du Loup », une fiction « pas très loin de la réalité »

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« On n’est pas très loin de la réalité », assure dans un sourire le lieutenant de vaisseau Karim, officier armes à bord des sous-marins nucléaires français, à propos du monde très secret dépeint dans le film « Le Chant du loup ».

Il fait partie de la quinzaine d’officiers à bord de chacun des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engin (SNLE) qui constituent la composante océanique de la dissuasion française. Basés à l’Ile Longue, dans la rade de Brest, les SNLE garantissent à chaque instant la possibilité d’exécuter une frappe nucléaire ordonnée par le président de la République.

QUESTION: Vous venez d’assister à la projection du « Chant du Loup », quel est votre sentiment ?

REPONSE: On retrouve énormément de nos éléments de langage, mais aussi l’ambiance, la cohésion de l’équipage, les mouvements et surtout la tension, ça c’est quelque chose de remarquable. Je peux vous assurer que pendant les 20 premières minutes du film où le sous-marin se retrouve en situation d’attaque par une force adverse et bien j’étais moi-même à cran, un peu comme lorsqu’on s’entraîne à ce genre de choses.

Q: Le personnage principal est un sous-marinier à l’ouïe exceptionnellement fine. Quel est son rôle à bord d’un sous-marin ?

R: Celui qu’on appelle « oreilles d’or » est là pour essayer de classifier et de caractériser la menace en écoutant les sons dans l’eau. Le sous-marin est aveugle et donc comme un aveugle il nous faut, lorsqu’on détecte un son, le caractériser et définir quelle est son origine, ce peut-être un bâtiment de guerre, de commerce, un sous-marin. Le film est assez fidèle sur ce point, car le rôle des « oreilles d’or » est très important.

Q: On ressent une vrai tension dans le film, vous la vivez au quotidien dans un sous-marin ?

R: Cette tension on la ressent quand on est en entraînement opérationnel. Il faut comprendre que lorsque vous êtes immergé depuis plusieurs jours, en opération, une période où vous dormez peu et où l’enjeu est important puisque chaque heure qui passe sous l’eau est comptée car elle coûte cher et bien oui, la tension est vraiment palpable.

Q: Le film montre des fragilités dans le dispositif de dissuasion, est-ce la réalité ?

R: Oui, mais dans une moindre mesure évidemment. Cela reste une fiction. Cependant, on est des humains, des hommes et des femmes car il y a des femmes aussi qui sont embarquées. Au bout de 30, 40, 50 jours, la fatigue aidant on peut parfois un peu craquer. Mais ce qu’il faut retenir c’est que l’esprit d’équipage, la cohésion, l’ambiance à bord fait que chacun tient. C’est un grand équilibre, un grand tout composé de ce qu’on appelle « l’esprit de corps ».

Q: Fiction ou réalité ce film alors ?

R: On n’est pas très loin de la réalité, mais en même temps ce n’est pas la réalité. Je ne peux pas en dire plus. Ce qui relève des procédures est couvert par le confidentiel défense.

Q: La Marine a du mal à recruter, notamment à bord des sous-marins, pensez-vous que ce film puisse faire naître des vocations ?

R: Je crois que la qualité de l’image parlera aux nouvelles générations, comme les précédents films tels qu’Octobre rouge ont pu parler à des générations comme la mienne. On avait vraiment besoin de remettre un coup de projecteur à la sauce 2020 sur les forces sous-marines.

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