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Lambert Mende : «la RDC n’est pas une colonie de la communauté internationale »

Lambert Mende, ministre de la Communication et des Médias. de la RDC

Le ministre de la Communication et des Medias, Lambert Mende, dénonce l’ingérence de la Belgique et de certains pays voisins de la RDC dans le processus électoral en cours.

Pourquoi le gouvernement congolais  voit d’un mauvais œil la tournée de Didier Reynders en Afrique ?

C’est la pression que la Belgique continue de faire pour maintenir entre elle et nous les relations d’un cavalier avec son cheval. Relation que nous récusons. Nous leur avons fait comprendre qu’il est hors de question qu’elle puisse continuer de considérer la RDC comme une affaire intérieure de la Belgique ou de l’Europe. Nous ne sommes pas une province de la Belgique, nous ne sommes pas un Etat européen. Didier Reynders et le gouvernement auquel il appartient continuent de se comporter comme si nous n’avions pas obtenu l’indépendance en 1960. Ils se comportent avec une totale impénitence après avoir eu les responsabilités que l’on sait comme Etat dans la mort de notre premier leader démocratiquement élu, Patrice Emery Lumumba. Ils n’ont jamais demandé pardon au peuple congolais, et voilà qu’ils reviennent à la charge avec les mêmes attitudes et mêmes comportements néo coloniaux qui consistent à vouloir régenter le processus politique dans un pays indépendant en totale contradiction avec tous les principes des relations internationales.

Monsieur le ministre  l’Angola et le Congo Brazzaville notamment, ont appelé juste à un processus inclusif, transparent et apaisé. Que pensez-vous de ses proposions ?

Nous ne reconnaissons à aucun pays le pouvoir d’émettre un jugement de valeur sur le processus politique en RDC. Il y a eu des élections au Congo Brazzaville et en Angola, vous avez vu les dirigeants de Kinshasa émettre des jugements valeur sur tout ça ? Pourquoi ce qu’on ne fait pas ailleurs, on veut le faire en RDC ? Le Congo n’est pas la colonie de la communauté internationale, le Congo appartient aux Congolais. C’est notre devoir de défendre la souveraineté de la RDC et c’est un engagement pris. Nous sommes les fruits d’une expérience de telles ingérences. Depuis 1960, on a tué Lumumba après son élection démocratique. Quelles leçons les Belges peuvent nous donner aujourd’hui 58 ans après avoir assassiné Lumumba ? Le processus électoral est le cœur de la souveraineté d’un pays. On peut coopérer avec d’autres pays sur toutes les matières sauf sur celle-là qui consiste aux choix des dirigeants et des priorités d’un pays. Nous sommes le Congo et il y a le principe d’égalité souveraine des états, alors deux états ne peuvent pas se rencontrer et parler de nous. Ça, nous le contesterons pour toujours.

 

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