Culture › Musique

La rumba congolaise : Robinho Mundibu accusé pour atteinte à la pudeur

Robinio Mundibu

Il y a lieu de se poser la question sur la vraie valeur de la musique en République démocratique du Congo. Jadis éducative et conseillère, aujourd’hui résultante de l’imitation des cultures d’ailleurs, l’art d’Orphée au Congo de Lumumba perd de plus en plus sa saveur sur le plan de l’éthique.

Les artistes musiciens rd-congolais, du moins la majorité, ne donne plus le sens éducateur dans l’écriture, la gestuelle et même le rythme de leurs chansons dans lesquelles nombreux font l’apologie du sexe. Le dernier cas est celui du jeune artiste Robinho Mundibu, ancien sociétaire de Wenge Musica Maison Mère à travers la chanson « Misu na misu », lancée sur le marché il y a quelques semaines. Un opus dont la diffusion dans les médias vient d’être interdite par la commission nationale de censure des chansons et des spectacles pour atteinte à la pudeur.

Avec des cris faisant clairement appel aux ébats sexuels, Robinio Mundibu est au bord de la dérive. Curieusement, il n’est pas le seul de la meute à s’illustrer dans la croissance d’un environnement culturel empesté et loin des principes de moralité. Ils sont nombreux, en effet, à assassiner l’essentiel même de la musique congolaise, qui a inspiré tout un continent, dans leurs chansons plus qu’éhontées.

Cependant, l’action de la commission nationale de censure face à cette déviation criante vient à point nommé pour certains, en réaction tardive et cosmétique pour d’autres.

La musique, au-delà de la gaité qu’elle puisse procurer, a aussi pour mission d’éduquer la société. D’aucuns ignorent le rôle aussi important qu’aura joué la musique dans la lutte contre l’esclavagisme, la ségrégation raciale et d’autres excès de l’homme blanc contre son « semblable » noir. Avec les multiples problèmes internes et externes que traverse la République démocratique du Congo, ses musiciens trouvent l’occasion de crier sexe haut et fort, dans un contexte immoral.

Interpellation

Pourquoi ne pas suivre les exemples d’Alpha Blondy, Youssou N’dour ou Salif Keita qui, par moment, ont dénoncé par leurs chansons les inégalités au sein des sociétés humaines ?

data-ad-slot="2140806877">

Cet opus, faut-il le signaler, aura divisé l’opinion congolaise. Si les uns en ont trouvé un moyen de distraction, surtout que Kinshasa manque cruellement de cadres appropriés de détente culturelle… les autres, par contre, ne jurent que sur la rigueur dans la censure de ce genre d’opus qui, selon eux, vient signer l’arrêt de mort de l’identité culturelle congolaise.

Plusieurs parents s’en sont plaint du fait que le dernier tube de Robinio met en danger l’éducation des enfants qui captent et retiennent à longueur de journée les paroles obscènes qui y sont véhiculées.

Il est des responsables mécontents qui vont jusqu’à indexer la commission nationale de censure qui demeure inactive face à ce libertinage criant des artistes musiciens. « C’est l’argent qui fait le bon office au sein de cet organe aussi important de l’Etat. Payer 300 USD à la commission nationale de censure n’exonère pas un musicien de saper les principes sacrosaints liés aux mœurs », a décrié un opérateur culturel.

Toutefois, il revient aussi à la population congolaise, fan des mélodies d’ici et d’ailleurs, de mettre fin à la turpitude qui caractérise son ignorance. Elle doit être en mesure d’opérer le choix de ce qu’elle doit écouter comme chanson. Ce qui sera aussi une manière de rappeler à l’ordre ces musiciens qui par leurs chansons immorales empoisonnent la culture du pays.

 



À LA UNE
Retour en haut