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La politique en couverture des journaux camerounais

La fin du contentieux postélectoral des législatives du 9 février dernier devant le Conseil constitutionnel meuble les colonnes des journaux camerounais parus mercredi, lesquels restent rivés sur la polémique sur les propos jugés controversés du président français Emmanuel Macron à l’endroit de son homologue Paul Biya.Les législatives sont à reprendre dans 11 circonscriptions des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NO/SO), titrent Cameroon Tribune, Le Jour et Le Messager à propos de la sentence rendue la veille par l’instance de délibération.

Et si le Front social démocratique (SDF, opposition) récupérait les 13 sièges de députés en jeu dans cette partie du pays ? se demande Forum Libre, annonçant une bataille épique entre 5 formations dont le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir). Le premier parti cité, précise Mutations, avait avancé, entre autres motifs imposant l’invalidation du scrutin, le fait que les opérations électorales ne s’étaient pas déroulées du tout dans certaines circonscriptions dans fait de l’insécurité et des violences.

Le SDF, dont la zone anglophone constitue le fief naturel et qui était déjà certain de ne plus avoir de groupe parlementaire, peut de nouveau caresser l’espoir de glaner quelques précieux sièges à l’Assemblée nationale, se hasarde InfoMatin.

Si le ciel semble s’éclaircir sur le front de la politique interne, les choses ont par contre l’air plus compliquées entre la France et le Cameroun avec, note Cameroon Tribune, signalant l’indignation qui continue de monter au sein de l’opinion locale après une déclaration d’Emmanuel Macron. Le dirigeant français, rappelle le journal, a affirmé avoir fait «pression» sur Paul Biya pour faire libérer des opposants politiques et annonçant d’autres «pressions», afin d’amener son homologue à ouvrir davantage le jeu pour parvenir à une paix durable dans le NO/SO où la guerre sécessionniste fait rage depuis 3 ans.

Le ciel semblait pourtant sans nuages entre l’Élysée et le Palais de l’unité, ces derniers temps, soupire Repères qui évoque «la déchirure». C’est que, explique Ouest-Échos, Macron a réussi à semer la panique au sein d’un régime vautré dans la médiocrité, et qui à tout propos aime à se réfugier derrière le mot «souveraineté» pour ne pas subir les critiques de l’étranger.

Et, alors que L’Action, publication du RDPC mais aussi Expression Économique et Le Soir, tous proches du pouvoir, se font l’écho des marches de protestation organisées à travers le pays, l’hebdomadaire satirique Le Popoli ironise sur une mise en scène pathétique, une «mobilisation manquée des patriotes contre Emmanuel Macron».

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Entre Paris et Yaoundé et de François Mitterrand à Emmanuel Macron, les rapports sont faits de hauts et de bas entre Paul Biya et les cinq présidents français de la Vè République qu’il a vu passer, constate Mutations. «Macron est un digne héritier du discours paternaliste français», analyse, dans les colonnes de la publication, l’enseignant de diplomatie Emmanuel Wonyu.



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