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Kinshasa confirme vouloir l’extradition d’un ex-colonel arrêté en Tanzanie

Le ministre de la Défense de la République démocratique du Congo a confirmé vendredi que son pays souhaite l’extradition d’un ex-colonel congolais interpellé en Tanzanie, accusé de rébellion armée par Kinshasa.

Ses proches en France, qui disent craindre pour sa vie, ont invité la Tanzanie à ne pas donner suite à cette demande.

John Tshibangu « sera extradé. C’est le résultat d’une coopération judiciaire qui lie nos deux pays », a indiqué le ministre congolais de la Défense, Crispin Atama Thabe, interrogé sur une possible extradition de l’ex-officier.

La RDC prendra cette initiative « à moins que le gouvernement tanzanien s’engage à le faire juger et purger la peine requise », a-t-il ajouté.

L’ex-colonel John Tshibangu est accusé d’avoir pris les « armes contre son pays », selon le ministre. Il a été arrêté lundi à l’aéroport de Dar es Salaam en Tanzanie.

« Mon mari est le seul officier supérieur qui a dit non au régime de Joseph Kabila. Ils veulent sa tête », a déclaré Charlène Moke Tshibangu, son épouse, qui vit en France.

« Le gouvernement congolais demande son extradition pour le faire mourir. Je lance un cri à tous les dirigeants, au président tanzanien, pour leur demander d’intervenir pour la libération de mon mari », a-t-elle ajouté.

John Tshibangu « est toujours à l’état-major de l’armée tanzanienne à Dar es Salaam. L’interrogatoire continue. Il est traité dignement mais ni sa famille ni ses proches n’ont encore été autorisés à lui parler », a de son côté affirmé Thierry Kyalumba, son directeur de cabinet au sein du mouvement FPCD (Front du peuple pour le changement et la démocratie).

« Nous savons que le Congo a demandé son extradition. L’extradition pour nous signerait son arrêt de mort. C’est un élément dangereux pour le régime de Kabila », a assuré Kyalumba.

Jeudi, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) avait indiqué à Paris que John Tshibangu était « placé en garde à vue et en détention » en Tanzanie. La FIDH avait aussi dit craindre « un risque pour son intégrité physique en cas d’extradition vers la RDC ».

« C’est l’impunité que vous voulez consacrer? Prendre les armes contre son pays ne constitue-t-il pas un fait infractionnel? », a réagi le ministre Atama Thabe.

Ex-colonel entré en rébellion contre le régime du président Joseph Kabila depuis 2012, John Tshibangu (48 ans) avait menacé dans une vidéo diffusée les 18 et 19 janvier sur les réseaux sociaux « de chasser Kabila dans 45 jours, s’il ne demande pas pardon pour le massacre de catholiques qui avaient marché le 31 décembre 2017 ».

A cette date, neuf personnes avaient été tuées selon l’ONU dans la répression de marches – organisées à l’appel d’un collectif de laïcs catholiques contre le maintien au pouvoir du président Kabila. Au moins six autres sont mortes et au moins 49 ont été blessées le 21 janvier dans les mêmes circonstances, selon les Nations unies.

Les autorités congolaises ont fait état d’un nombre de décès bien moindre.
Des élections prévues fin décembre 2017 ont finalement été reportées en décembre 2018. Le deuxième et dernier mandat du président Kabila a pris fin le 20 décembre 2016.



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