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Kasaï-violence: « J’ai été violée à côté du cadavre de mon mari décapité »

Image d'illustration

2600 victimes de violences sexuelles ont été enregistrées entre mai 2017 et septembre 2018 dans la ville de Kananga, province du Kasaï Central.

Journal de kinshasa est allé à la rencontre d’une victime. La jeune femme raconte qu’elle était dans son domicile quand des hommes armés sont rentrés par effraction et ont tué son époux. « Ils l’ont décapité et ont pillé tous nos biens. J’ai été violée chez moi, à côté de son cadavre, en présence de mes enfants. C’était l’année passée, pendant le conflit. J’avais cinq enfants. Ils en ont tué trois. Je suis restée seulement avec deux. Ils ont violé mes trois filles aînées et ensuite les ont tuées » raconte-t-elle en larme. Elle est  restée avec ses deux plus jeunes enfants ; un garçon de 12 ans et une fille de 9 ans. «  Après leur forfait  Ils ont pris tous nos ils nous ont fait sortir de chez nous, sans me donner le temps de me rhabiller, j’étais torse nu. J’ai vite pris un pagne pour couvrir ma poitrine », rajoute-t-elle.

Elle poursuit en disant : « J’ai commencé à marcher avec mes deux enfants dans la brousse jusqu’à Tshikapa. Je ne savais même pas où nous allions, j’ai juste commencé à marcher. Une fois arrivés à Tshikapa, mes enfants sont tombés malades.  Et j’ai été accueillie dans un centre avec mes enfants et on nous a aidés et donné un peu d’argent. » C’est alors que la jeune dame décide de rentrer vers Kananga, ville dans laquelle elle résidait avant, avec d’autres femmes. « Une fois sur la route pour Kananga, avant d’arriver, nous avons croisé des hommes armés. Ils nous ont, encore une fois, violées. Ils étaient au nombre de trois. »Paniqué, le groupe de femmes se cache pour ne pas une fois de plus se faire violer.

« Quand je suis arrivée à Kananga, j’ai entendu dans la rue qu’il y avait les médecins de Médecins Sans Frontières qui soignaient les femmes mais je ne savais pas où ils se trouvaient. J’ai demandé dans la communauté, mais les gens de ma communauté ne voulaient pas m’aider, ils demandaient de l’argent en retour. C’est à l’église que j’ai pu avoir toutes les informations dont j’avais besoin. » Avant d’arriver ici à l’hôpital, elle était faible et ressentait des douleurs au bas ventre.  « Dans la brousse et ensuite sur la route, je n’avais rien à manger et parfois ce que je trouvais n’était pas suffisant, comme une boule de foufou (manioc) pour moi et mes 2 enfants. Je n’avais pas d’argent et le pagne que je portais était tout déchiré. Quand je suis arrivée, on m’a donné des médicaments et on m’a fait des examens : c’est comme ça que j’ai découvert que j’étais atteinte du VIH. Ça m’a beaucoup préoccupée car je crains que je n’ai plus beaucoup de temps à vivre », explique-t-elle. Aujourd’hui elle se fait soigné mais est très préoccupé par sa situation sociale : « Quand je viens ici pour me faire soigner, je laisse mes enfants à l’église, où parfois des personnes viennent nous donner des choses à manger. Mais je ne sais pas comment m’occuper d’eux, tout ça me préoccupe aussi beaucoup. »

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