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Interruption des cours suite à la persistance de l’insécurité à Beni

Image d'illustration

Les enseignants de la province du Sud-Kivu ont décrété trois jours de grève générale, à partir de ce jeudi 11 octobre 2018 dans toutes les écoles pour protester contre l’insécurité à Beni.

La décision des enseignants a été prise ce mercredi 9 septembre 2018 au cours d’une assemblée générale extraordinaire qui a réuni plus de 60 délégués syndicaux de toutes les écoles de Beni. « Nous étions en réunion ce mercredi dans une assemblée générale extraordinaire avec les enseignants du SYECO en synergie avec ceux du SYNECAT. Nous avons vu que l’insécurité est devenue trop grave jusqu’à ce que les élèves et écoliers ont commencé à marcher, et dans la ville il y a beaucoup de risques, c’est pour cette raison que nous avons demandé à tous les enseignants de la ville de rester à la maison jusqu’à ce que l’état rétablisse la sécurité dans toute l’étendue de la ville et territoire de Beni », a déclaré Paluku Bambirikire Ghislain, secrétaire du SYECO Beni.

 

Les enseignants revendiquent le retour de la sécurité en commune de rwenzori où plusieurs élèves et écoliers ne suivent pas les cours depuis une semaine suite aux incursions répétitives des rebelles ADF dans cette partie de la ville de Beni. « Nous revendiquons la sécurité. Pour le moment il y a une grande partie de la commune de Rwenzori qui est vidée des élèves et écoliers suite aux massacres répétitifs perpétrés par les ADF qui endeuillent la population. Beaucoup d’écoles sont vidées des élèves mais aussi des enseignants, à côté de cela les enseignants sont devenus aussi des déplacés et ils ne savent pas à quel saint se vouer. C’est pour cela que nous avons vu que c’est mieux que nous arrêtions les cours jusqu’à ce que la sécurité soit rétabli pour la protection des enseignants mais également des élèves. » a-t-il ajouté. La même décision a été prise en territoire de Beni et « elle est illimitée vu le silence des autorités aux revendications des enseignants de leur garantir la sécurité. » Les cours sont perturbés depuis le lundi dernier dans plusieurs écoles de la ville de Beni. Les écoliers et élèves de moins de 18 ans ont manifesté mardi et mercredi sur le boulevard Nyamwisi pour dénoncer la persistance de l’insécurité à Beni en solidarité avec leurs collègues de Paida en commune de Rwenzori qui n’étudient plus.

 

Trois jours « sans classe »

« Plus de 25 écoles ont étés visitées par des bandits armés qui sont en train de voler et piller des ordinateurs et argent. Nous en avons marre. Voilà pourquoi, nous entamons ces 3 jours sans classe sur toute l’étendue de la province pour dire non à cette insécurité », a déclaré à Jacques Cirimwami, secrétaire exécutif de la Synergie des enseignants des écoles catholiques en province. Des écoles catholiques, protestantes et privées ont été la cible de ces bandits qui emportent tout sur leur passage. Ces derniers ont investi les écoles primaires Kadutu, Buholo III, Ntwali 1 et 2, Ulindi, Muhungu … ainsi que les écoles secondaires Monseigneur Guido, Monseigneur Kataliko, Monseigneur Mulindwa, les instituts Kasali, Tumaini, Avenir, Lumière, EDAP ISP, Lycée Armanda, a dégainé le syndicaliste.

Cette Synergie prévoit un sit-in devant le cabinet du gouverneur de province pour dénoncer « le silence total de l’autorité et demander la sécurité des écoles de Bukavu« . Les pillages font rage au Sud-Kivu où cinq centres de santé ont été pillés par les hommes armés. En deux ans, 15 cambistes ont été tués. Les enlèvements et assassinats sont devenus chroniques.

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