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Guido Gryseels : « Les autorités belges sont disposées au débat sur la restitution des biens culturels »

"L'ange déchu" - "Au-delà de l'extrême " (Installation) par Freddy TSIMBA L’Institut Français de Kinshasa-Halle de la Gombe

A l’heure où le débat sur la restitution des œuvres d’art africain a repris force en Europe, la question sur la restitution des biens culturels africains était également débattue en RDC.

 

Ouvert lundi 22 octobre 2018 à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, l’atelier : « Les musées en conversation : perspectives congolaises sur la restitution des biens culturels et la transformation des pratiques muséales en Afrique » s’est clôturé  le mardi 23 octobre après des échanges et débats autour de cette problématique.  Dans son mot, Guido Gryseels, directeur général du Musée royal d’Afrique centrale Tervuren, a présenté la vision de son institution dans ce processus. A l’en croire, pour aboutir réellement dans la restitution, il faudrait entre autres, tabler sur la recherche des origines des collections de musées, rendre l’inventaire de chaque musée transparent et le mettre à la disposition des partenaires africains, renforcer les capacités nationales en conservation, muséologie, recherches scientifiques et services publics.

Organisé par le Centre d’art Waza de Lubumbashi en partenariat avec Goethe-Institut et l’Académie des Beaux-arts de Kinshasa, cet atelier avait réuni plusieurs panelistes qui débattu autour de la problématique du retour des œuvres qui fait polémique. Revenant sur d’abord l’évolution des institutions muséales qui sont presqu’en quête de pertinence, professeur Paul Bakwa-Lufu, Directeur général de l’Institut des musées nationaux du Congo -IMNC- avait fait savoir le rôle que joue son institution et avait évoqué, par la même occasion, différents problèmes dont l’IMNC fait face en termes d’infrastructures et de fonctionnement.

 

 La restitution des biens culturels

Pour Guido Gryseels, le MRAC est disposé à restituer les films, photos et autres archives en forme digitale. Il relève tout de même qu’il y a un obstacle dans ce processus. Notamment l’absence de cadre légal sur cette question en Belgique. « Les autorités belges sont disposées au débat sur la restitution des biens culturels. Au moment opportun, cette question sera au cœur des discussions », a-t-il dit. Plusieurs questions se posent au sujet de cette probable restitution des biens culturels. Le débat revenu durant cet atelier est celle de savoir qui avaient qualité de faire des dons des œuvres que l’on retrouve aujourd’hui dans les musées occidentaux. Si c’était l’État, donc il lui revient cette responsabilité de solliciter la restitution de ses biens culturels. D’aucuns sont sceptiques quant à l’aboutissement de cette démarche. Ils estiment que c’est une question de rapport de forces entre les États. Certains avancent même qu’il s’agit tout d’abord d’un problème politico-diplomatique. Par ailleurs, le souhait des participants à l’atelier  » les musées en conversation  » est de voir l’aboutissement heureux de ces travaux.

 

Plusieurs autres intervenants se sont succédé durant ces travaux. Entre autres, Dr Henri Kalama Akulez, professeur André Yoka Lye, respectivement DG de l’Académie des Beaux-arts et celui de l’Institut national des arts. Ils sont revenus sur la construction des ponts entre les pratiques muséales et l’éducation artistique. Le souhait des participants à cet atelier est de voir la mise en pratique de ces échanges. Pour le professeur Joseph Ibongo, Directeur général honoraire de l’Institut des musées nationaux du Congo, cet atelier « est une sorte d’éclatement de la notion des musées ». En outre, d’autres panélistes étaient au rendez-vous mardi 23 octobre toujours à l’Académie des Beaux-arts pour revenir autour « des perspectives congolaises sur la restitution des biens culturels ».

 

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