Politique




Goma : l’Union africaine condamne et réclame une enquête impartial

Kinshasa, 12 mars 2026 – La communauté internationale retient son souffle, et l'Union africaine sort du silence. Ce jeudi, le président…

Kinshasa, 12 mars 2026 – La communauté internationale retient son souffle, et l’Union africaine sort du silence.

Ce jeudi, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a publié un communiqué cinglant après la frappe de drone signalée à Goma, dans la province du Nord-Kivu. Une attaque qui a coûté la vie à des civils, dont une travailleuse humanitaire de l’UNICEF, et causé d’importants dégâts dans des zones résidentielles.

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« Une violation du droit international humanitaire »

Dans son message, Mahmoud Ali Youssouf ne mâche pas ses mots. Il condamne fermement « toute attaque mettant en danger la vie des civils et du personnel humanitaire », rappelant que ces actes constituent une violation flagrante du droit international humanitaire.

Le président de la Commission de l’UA rejoint ainsi les nombreuses voix qui, depuis plusieurs jours, s’élèvent sur la scène internationale – États européens, États-Unis, organisations onusiennes – pour dénoncer l’escalade de violence dans l’Est congolais.

Appel à la retenue et aux enquêtes

Face à ce drame, l’Union africaine martèle un message clair : « toutes les parties doivent faire preuve de la plus grande retenue » et « éviter toute action susceptible d’aggraver les tensions ».

Mais au-delà des appels à la paix, l’UA insiste sur un point crucial : la nécessité d’une enquête impartiale pour faire la lumière sur les circonstances exactes de cette frappe. Qui a tiré ? Dans quelles conditions ? Pourquoi des civils et une employée de l’UNICEF ont-ils été touchés ?

Autant de questions auxquelles les autorités congolaises, après une longue période de silence, affirment désormais vouloir répondre. Le gouvernement a indiqué que des enquêtes étaient en cours pour déterminer les circonstances exactes des explosions survenues à l’aube dans la ville.

Un contexte de cessez-le-feu bafoués

Cette attaque intervient dans un climat régional explosif. Depuis des mois, les violations des cessez-le-feu se multiplient dans l’Est de la RDC, malgré les accords de Washington (décembre 2025) et l’engagement de Doha (juillet 2025) censés garantir un arrêt permanent des hostilités.

Le 5 mars, une déclaration conjointe de dix pays occidentaux – Belgique, Danemark, France, Allemagne, Pays-Bas, Suède, Suisse, Royaume-Uni, États-Unis, ainsi que l’Union européenne – avait déjà tiré la sonnette d’alarme. Ces États dénonçaient « l’utilisation de drones lors d’attaques militaires » et appelaient à une reprise urgente des négociations, rappelant qu' »il ne peut y avoir de solution militaire à ce conflit ».

Les humanitaires, cibles malgré elles

Cette frappe relance également le débat sur la sécurité des travailleurs humanitaires. Selon l’OCHA, 37 incidents affectant les acteurs humanitaires avaient été recensés en janvier 2026 dans l’Est – une baisse par rapport à décembre 2025, mais un chiffre qui reste alarmant.

La mort de cette employée de l’UNICEF, venue porter assistance aux populations déplacées, rappelle tragiquement que dans les conflits oubliés, ceux qui viennent aider sont trop souvent ceux qui paient le prix fort.

L’UA veut jouer son rôle

Dans son communiqué, Mahmoud Ali Youssouf réaffirme l’engagement de l’Union africaine à « travailler avec le gouvernement de la RDC, les partenaires régionaux et la communauté internationale pour faire progresser une solution politique durable ».

Un engagement qui reste à concrétiser sur le terrain. Car sur le papier, les initiatives diplomatiques se multiplient. Mais dans les collines du Nord-Kivu, les armes continuent de parler, et les civils continuent de mourir.

L’enquête réclamée par l’UA permettra-t-elle d’identifier les responsabilités et de relancer un processus de paix enlisé ? Rien n’est moins sûr. Mais une chose est certaine : chaque jour qui passe sans réponse claire enterre un peu plus les espoirs de paix des populations de l’Est.

La communauté internationale regarde. Les civils, eux, continuent de tomber.

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