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Freddy Matungulu sur les manifestations du CLC: «Le peuple congolais exprime clairement son mécontentement»

Freddy Matungulu, président du parti politique Congo Na Biso à Kinshasa au studio de Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Le président du parti politique de l’opposition «Congo Na Biso», Freddy Matungulu s’exprimait ainsi dans le cadre d’une interview accordée à Radio Okapi, ce mardi 20 février.

La coordination des laïcs catholiques a entrepris une série de manifestations politiques pacifiques. Est-ce la stratégie qui convient pour mettre un terme à la crise politique en cours ?

En ce qui me concerne, c’est un élément important d’une stratégie d’ensemble tendant à renforcer l’engagement citoyen pour créer les conditions pour que le peuple congolais puisse arriver à se faire entendre auprès des autorités. Le peuple congolais exprime clairement son mécontentement. Face aux ratés malheureusement que nous connaissons au niveau de tout le processus démocratique (…)

Des informations en notre possession indiquent que des jeunes du PPRD envisageraient de participer à ces manifestations. Quel est votre avis ?

Cette démarche est dangereuse. Il faut éviter que nos jeunes puissent s’étriper dans les rues de Kinshasa. Je suis content de ce que les jeunes du PPRD aient finalement pris conscience de ce que le processus électoral connait beaucoup de difficultés et qu’ils chercheraient à exprimer leur mécontentement face à ce développement. Mais je pense que la meilleure à faire est de manifester mais de le faire en dehors de l’initiative de l’Eglise catholique.

Vous proposez à la communauté internationale d’envoyer à la RDC une force d’appui à la MONUSCO. Quelle est l’urgence d’une telle force ?

L’urgence de cette force se justifie par le fait que finalement nous sommes en train de terminer bientôt le mois de février et il faut que les élections aient lieu le 23 décembre. Je crois qu’il y a un certain nombre de leçons que nous avons tirées de la participation de l’EUFOR [Force de l’Union européenne] au processus de sécurisation des élections chez nous en 2006. Je tire cette proposition des leçons apprises avec l’EUFOR  [NDLR, Force européenne déployée lors des élections de 2006] qui avait renforcé les capacités de la MONUSCO à assurer les élections pendant le processus électoral. Je crois que la même démarche nous aiderait à aller dans ce sens.

Est-ce que vous ne rêvez pas en faisant cette proposition lorsque l’on sait que cela dépend du gouvernement congolais ?

Je ne peux qu’exprimer le souhait que la proposition sera acceptée par le gouvernement. De toute évidence, comme on l’a vu en 2006, c’est une démarche qui ne manque pas de mérites.

Lors des répressions des manifestations précédentes, on a compté beaucoup de morts à Kinshasa et en provinces. Vous estimez qu’une telle force empêcherait qu’il y ait des pertes en vies humaines ?

Eviter qu’il y ait des pertes en vies humaines relève surtout de l’action des forces gouvernementales dont la responsabilité est d’assurer la sécurité des manifestants qui s’expriment de façon pacifique. C’est pour moi l’opportunité de rappeler à nos forces leur obligation d’assurer la protection des manifestants plutôt que de les réprimer.



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