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Experts de l’ONU tués : deuxième audience du procès de Kananga

Les experts de l'ONU Zaida Catalan et Michael Sharp ont été assassinés dans le Kasaï, en mars 2017.

Dans le box des accusés : quatorze prévenus inculpés pour l’assassinat de deux experts de l’ONU en mars 2017 au Kasaï-Central et participation au mouvement insurrectionnel des adeptes du chef Kamuina Nsapu.

L’ONU avait demandé il y a un an la suspension des audiences pour permettre au procureur canadien Robert Petit et à ses experts de soutenir une enquête congolaise dont les conclusions étaient mises en doute. Depuis la nomination de Robert Petit, quatre personnes clés avaient été arrêtées. Deux seulement ont été présentées à la justice : les présumés chefs Constantin Tshidime, dit Bula Bula, et Vincent Manga qui se sont encore exprimés ce jeudi 30 août. Cette deuxième audience a tourné à la confrontation entre ces deux hommes et leur accusateur Jean-Bosco Mukanda, enseignant, chef de milices ou informateur de l’armée congolaise, selon les versions. Ce n’est pas la première fois que le témoin vedette de ce procès est mis en cause. Jean-Bosco Mukanda est accusé par celui que l’on dénomme Bula Bula d’être non seulement un milicien mais d’avoir été l’homme de main de Vincent Manga. Pour Bula Bula, c’est son co-accusé Vincent Manga qui a tué les experts sur ordre de quelque autorité de Kananga. Lui ne reconnait qu’un rôle minime dans toute cette affaire, celui d’avoir demandé aux experts onusiens leur feuille de route.

Trois personnes étaient absentes sur le banc des accusés : l’un relevé par les juges, un certain Kabasele Beya qui était pourtant bien là pour la première partie du procès. Où est-il passé ? Personne ne semble en mesure de le dire. Et puis toujours aucune nouvelle non plus de deux agents de l’Etat arrêtés il y a quelques mois sur pression de l’ONU : José Tshibuabua et Thomas Nkashama ont organisé la mission qui a coûté la vie aux deux experts. Lundi, à l’issue de la réouverture surprise de ce procès, l’auditeur général des FARDC, le général Mukuntu, était arrivé à Kananga pour « booster les enquêtes », disait-on. Depuis janvier, l’ONU se plaint du manque de coopération des autorités congolaises et d’ingérences dans ce dossier des services de sécurité.

L’avocat de Bula Bula a contesté les conditions de détention de son client, mis au secret pendant plusieurs mois par les services de sécurité. Il n’aurait pas été interrogé par le parquet. L’avocat demande sa remise en liberté provisoire. Ce que l’auditeur militaire juge inacceptable, arguant que Bula Bula n’avait nullement besoin d’être présenté devant la justice avant la reprise du procès, il était déjà jugé par défaut.

 



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