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Eurovision: les Pays-Bas en tête des pronostics avant la finale

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Les Pays-Bas et Duncan Laurence sont donnés favoris de la finale de l’Eurovision samedi avec une ballade inspirée de la disparition d’un être cher, détonnant dans l’effusion rutilante et tapageuse qui s’annonce à Tel-Aviv, sur les rives israéliennes de la Méditerranée.

Parmi les autres prétendants possibles à la gloire devant les yeux de dizaines de millions de téléspectateurs sans doute indifférents ou ignorants des appels au boycott lancés par les défenseurs des Palestiniens: l’Australie et la Suède, selon les sites de paris en ligne.

S’accompagnant au piano, Duncan Laurence, interprète de la chanson d’amour « Arcade », permettrait aux Pays-Bas de remporter pour la première fois en 44 ans une compétition dont l’insouciance, la diversité et le tape-à-l’oeil – n’en déplaisent à ses détracteurs – drainent des foules d’inconditionnels dans une ambiance de fête.

Lors des demi-finales cette semaine à Tel-Aviv, sa mise en scène épurée, uniquement agrémentée par des effets de lumières, a tranché avec l’exubérance de la représentante australienne, Kate Miller-Heidke, interprète de la chanson « Zero Gravity », donnée en deuxième position par les parieurs.

Habillée d’une extravagante robe blanche pailletée et juchée sur une perche mobile à plusieurs mètres de hauteur, la chanteuse mêle pop, dance et vocalises.

Au troisième rang des sites de paris figure le Suédois John Lundvik avec la chanson « Too Late For Love ». Le chanteur, un ancien athlète, interprète un titre au refrain très accrocheur, mêlant des choeurs gospel.

La France, elle, est représentée par Bilal Hassani, devenu dans son pays une égérie queer avec sa perruque blonde et son look androgyne et qui interprétera « Roi ».

La finale de la 64e édition de l’Eurovision, remportée l’an dernier par l’Israélienne haute en couleurs Netta Barzilaï avec une chanson en forme d’appel à l’émancipation féminine, débute à 19h00 GMT, pour environ trois heures et demie.

Le vainqueur sera désigné parmi les 26 finalistes selon un score combinant les votes d’un jury de professionnels et des téléspectateurs des 43 pays participants initialement.

– Vedette américaine –

Mais la vedette de la compétition pourrait être volée par la star américaine Madonna qui se produira dans le courant de la finale.

Habituée d’Israël où elle a donné plusieurs concerts, le dernier remontant à 2012, l’interprète de « La Isla Bonita » est adepte de la Kabbale, la mystique juive secrète et réservée aux initiés. Elle a choisi à ce titre de se faire appeler Esther.

La diva américaine de 60 ans est arrivée mardi en Israël entourée de 135 personnes dont 40 choristes, 25 danseurs et une équipe de techniciens, selon des informations de presse. Une grande partie de la facture est réglée par le milliardaire israélo-canadien Sylvan Adams, selon la presse locale.

Réputé pour sa vie nocturne animée, Tel-Aviv semble le lieu approprié pour accueillir ce sommet d’extravagance musicale et télévisuelle, peut-être le plus grand évènement culturel profane jamais organisé dans le pays.

D’éminents rabbins ultra-orthodoxes israéliens ont d’ailleurs appelé à prier pour dénoncer la « profanation » que constitue, selon eux, la tenue du concours de l’Eurovision durant shabbat, le jour sacré de repos hebdomadaire juif.

Le shabbat, observé du vendredi au samedi soir, prendra fin juste avant le début de la finale, mais les répétitions et les préparatifs auront lieu avant.

Tel-Aviv, la vibrante capitale économique et culturelle d’Israël, s’enorgueillit d’être une ville moderne, cosmopolite, hospitalière, et un havre pour les homosexuels, avec notamment l’organisation de la plus grande Gay Pride de la région.

Le « village » de l’Eurovision a été installé sur une des plages de la ville dont la façade de la mairie est illuminée le soir aux couleurs des drapeaux des pays participants.

Après la victoire de Netta Barzilaï en 2018, le choix de Tel-Aviv ne s’était pas imposé comme une évidence. Des personnalités politiques comme la ministre de droite de la Culture Miri Regev préféraient Jérusalem, pour des raisons politiques.

Israël et Tel-Aviv font face aux appels au boycott de la part de militants, qui dénoncent une entreprise culturelle visant à occulter les réalités du conflit israélo-palestinien. Persiste également la crainte d’un accès de violences meurtrières entre Israël et les Palestiniens, comme au début du mois.

Les artistes eux-mêmes se tiennent à l’écart des controverses et Israël espère tirer tout le profit possible en termes d’image d’une compétition qui s’est déroulée jusqu’à présent sans encombre.

Mais ceux qui auront conservé quelque sensibilité politique samedi soir prêteront une attention particulière quand les Islandais d’Hatari monteront sur scène. Réputé imprévisible, le groupe en tenue de cuir cloutée arrive précédé par son opposition déclarée à l’occupation israélienne des Territoires palestiniens.



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