International › AFP

Espagne: état des lieux d’un Parlement fragmenté

Pas d'image

Le socialiste Pedro Sanchez a remporté dimanche les élections législatives en Espagne mais sans majorité absolue au sein d’un Parlement très fragmenté. Etat des lieux et scénarios possibles.

– Parti socialiste (123 sièges)

Avec 123 sièges contre 85 lors du scrutin de 2016, les socialistes remportent une victoire nette, leur première depuis 2008.

Mais le chef du gouvernement sortant Pedro Sanchez, arrivé au pouvoir à la surprise générale en juin à la faveur d’une motion de censure contre le conservateur Mariano Rajoy, reste loin de la majorité absolue de 176 sièges.

Il va donc devoir se lancer dans d’intenses tractations pour former une majorité. S’il peut d’ores et déjà compter sur la gauche radicale de Podemos, il lui faudra aussi s’assurer de l’appui de plusieurs partis régionalistes dont le PNV (nationalistes basques, 6 sièges).

La grande question porte sur le rôle des indépendantistes catalans qui, comme Podemos et le PNV, l’ont porté au pouvoir en juin en votant la motion de censure contre M. Rajoy. Ils ont gagné du terrain en remportant 22 sièges (15 pour Gauche Républicaine de Catalogne (ERC), plus modérée, et 7 pour Ensemble pour la Catalogne de l’ancien président catalan Carles Puigdemont.

Ils sont indispensables à M. Sanchez pour atteindre le seuil de 176 députés mais le chef du gouvernement pourrait préférer se passer de leur appui. Il pourrait choisir de former un gouvernement minoritaire en se contentant de l’abstention des Catalans.

– Ciudadanos (57 sièges)

Le parti libéral et anti-indépendantistes d’Albert Rivera n’a jamais compté autant de députés (32 en 2016) depuis son entrée en force en 2015 qui avait mis fin au bipartisme.

Une majorité entre les socialistes et Ciudadanos est une autre possibilité, mathématique tout du moins. Les deux partis avaient tenté sans succès d’investir en 2016 Pedro Sanchez.

Mais si le chef du gouvernement a refusé d’écarter clairement cette hypothèse, très mal vue par ses militants, Albert Rivera a lui appelé durant toute la campagne à « chasser » Sanchez du pouvoir pour avoir « pactisé avec les indépendantistes ».

Et il n’a pas hésité à s’allier avec le Parti Populaire (droite) et l’extrême droite de Vox en Andalousie (sud) pour déloger il y a peu les socialistes de leur fief. Nombre d’observateurs mettent toutefois en avant le côté « girouette » de Ciudadanos quand vient l’heure de nouer des alliances.

– Parti Populaire (66 sièges)

Dix mois après l’éviction de Mariano Rajoy, coulé par la condamnation du PP dans un méga-procès pour corruption, le parti conservateur signe l’une de ses pires défaites électorales sous la houlette du jeune Pablo Casado (38 ans) et ne voit pas se concrétiser l’hypothèse d’une majorité PP-Ciudadanos-Vox, donnée probable par les sondages il y a quelques mois.

M. Casado, qui a pris un virage à droite toute, a vu partir nombre de ses électeurs vers Vox et vers Ciudadanos.

– Vox (24 sièges)

Ce parti ultranationaliste fait son entrée au parlement avec 10,26% des voix contre 0,2% lors des élections de 2016, dans un des rares pays européens où l’extrême droite était absente du paysage politique.

Il a prospéré en particulier sur son discours virulent contre les séparatistes catalans mais n’a pas créé la surprise qu’il aurait souhaitée en se transformant en faiseurs de roi d’un éventuel gouvernement de droite.

Mais dans l’opposition, son numéro deux Javier Ortega Smith a promis à la gauche que « la fête était finie ».

– Podemos (42 sièges)

Après avoir mis fin au bipartisme en 2015 avec Ciudadanos, ce parti, miné par les divisions internes, a perdu un bon nombre de ses députés (67 en 2016). Mais l’héritier du mouvement des Indignés devrait monnayer son appui à Pedro Sanchez contre une entrée pour la première fois au gouvernement.

Video

Vos paris sportifs
1xbet
Zapping CAN 2019
À LA UNE
Retour en haut