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Déplacés de l’Ituri : les autorités veulent promouvoir les retours

Enfants déplacés de l'Ituri dans un camp à Bunia, le 9 avril 2018.

En trois jours, les autorités provinciales ont recensé 4700 déplacés qui souhaitent rentrer chez eux.

En Ituri, le gouverneur veut encourager le retour des déplacés internes, plus de 340 000 personnes, selon OCHA, qui ont fui après une série de massacres et de violences qui ont opposé communautés Hema et Lendu et faisant, toujours selon l’agence de coordination humanitaire de l’ONU 250 morts depuis décembre, plus selon la société civile. Depuis trois semaines, ces violences ont baissé en intensité, grâce entre autres à des renforts de la Monusco et de l’armée congolaise. Certains déplacés commencent timidement à rentrer. Et les autorités ont entrepris depuis samedi dernier de recenser les candidats au retour pour les accompagner.

En trois jours, les autorités provinciales ont recensé 4700 déplacés qui souhaitent rentrer chez eux et l’opération se poursuit. Parallèlement, des représentants de ces déplacés doivent se rendre sous peu dans les zones sinistrées pour évaluer la sécurité…

Le gouverneur de la province, Abdhallah Pene Mbaka, est relativement optimiste. « La situation est en train de se normaliser (mais) je ne peux pas dire qu’il n’y a plus de tensions. Les dégâts sont énormes, des villages entiers ont été incendiés… ». Alors, que faire pour les personnes qui ont perdu leur maison ? « Il y a un accompagnement, un appui dont ils devront bénéficier, non seulement de la part du gouvernement provincial (mais aussi) du gouvernement national : des kits de réinsertion sont en train d’être mis en place afin que la réintégration se passe de la façon la plus humaine possible », poursuit le gouverneur.

Quand bien même, la peur n’a pas complètement disparu. Pour certains déplacés, rentrer c’est avant tout retrouver leurs champs… et c’est donc une question de survie.

Xavier Loth est coordonnateur pour l’ONG Solidarités. « C’est une période importante parce que c’est une population d’agriculteurs et d’éleveurs principalement et la saison agricole a commencé depuis février : des gens ont été déplacés avant de pouvoir planter et qui n’ont pas pu faire le suivi de leurs semis. Et c’est maintenant ou jamais ! », nous explique t-il.

La perspective de ces retours inquiète pourtant certains acteurs humanitaires. On ne sait toujours pas précisément avec certitude quoi ou qui est à l’origine cette flambée de violences. Personne n’a été traduit en justice aussi beaucoup n’excluent pas une reprise des hostilités.

Signalons encore que plus de 43000 personnes sont réfugiées en Ouganda de l’autre côté du fleuve. Ce mardi, la représentante spéciale de l’ONU en RDC, Leïla Zerrougui était à Bunia pour la première fois depuis sa prise de fonction. A l’issue d’une rencontre avec le gouverneur, elle a insisté sur la nécessité de rechercher les causes profondes de cette crise et d’œuvrer à une véritable réconciliation entre communautés.



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