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Dans Pemba sous la pluie, une avalanche d’ordures tue au moins quatre personnes

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Trois jours après le passage meurtrier du cyclone Kenneth, les habitants du quartier de Chibuabuar, perché sur une colline qui domine l’autoroute et la côte le long de la ville de Pemba, dans le nord du Mozambique, pensaient avoir échappé au pire.

Mais dimanche soir, la montagne de déchets qui surplombait leurs petites maisons s’est effondrée sous l’effet des pluies diluviennes qui s’abattent sur la région, enfouissant plusieurs familles sous des tombereaux d’ordures nauséabondes.

Le conseil du quartier a fait état d’au moins sept morts, certains habitants évoquent quatre victimes et un disparu.

« C’est arrivé à 20 heures, au début deux maisons ont été emportées », raconte l’un d’eux, Celso Carlinho, 37 ans, dont le domicile a échappé à l’avalanche.

« Nous sommes allés dans une maison où nous avons retrouvé un homme, sa femme et ses deux filles, tous morts », ajoute-t-il, précisant qu’une personne habitant dans l’autre maison emportée était elle toujours portée disparue.

Ce sont des sauveteurs de l’armée brésilienne, présents au Mozambique depuis le passage du cyclone Idai au centre du pays il y a six semaines, qui ont réussi à retrouver les dépouilles.

L’équipe était dirigée par le capitaine Kleber Castro, qui confirme à l’AFP qu’elle a « récupéré quatre corps, malheureusement » lors de l’opération.

Depuis plusieurs jours, avec ses hommes ils parcourent sans relâche Pemba et ses environs pour évacuer les sinistrés des zones inondées par Kenneth.

– ‘Sous les ordures’ –

Selon le dernier bilan des autorités, près de 35.000 maisons ont été totalement ou partiellement endommagées par les vents violents et les pluies diluviennes qui ont accompagné le passage du cyclone sur la région du Cabo Delgado le 25 avril.

Le bilan humain de la catastrophe est passé mardi à 41 morts, selon le porte-parole du gouvernement, Arlindo Chilundo.

« Ils ont cherché avec un bulldozer mais ils n’ont pas trouvé d’autres corps », ajoute Celso Carlinho, « les deux maisons ont été entièrement ensevelies sous les ordures ».

Les habitants de Chibuabuar redoutaient un accident depuis des années. A plusieurs reprises, ils se sont plaints auprès des autorités locales du danger que faisait peser cette colline de déchets sur leurs fragiles habitations en bois.

Au sommet de la coulée d’ordures, plusieurs jeunes, dont l’un chaussé de bottes en caoutchouc blanches, farfouillent aujourd’hui au milieu des sacs plastique éventrés à la recherche d’un objet susceptible d’être revendu.

« C’est déjà arrivé (un éboulement) en 2014 et le gouvernement n’a strictement rien fait », se plaint Rose Augusto, 29 ans, sur le seuil de sa maison dangereusement proche d’une butte qui domine la décharge sauvage. « A l’époque trois personnes étaient mortes, un homme, une femme et un enfant ».

La municipalité avait alors promis de construire une décharge en bonne et due forme à une vingtaine de km de là, hors des limites de la ville. Mais elle y a renoncé faute d’un budget pour la protéger d’un grillage, affirme Mme Augusto.

Malgré les pluies torrentielles qui noient Pemba, la jeune femme, claquettes aux pieds et la tête protégée des intempéries par un châle, exclut de déménager. « Je n’ai pas peur que ça arrive ici », assure-t-elle.

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