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Côte d’Ivoire: «70 à 80%» de structures informelles dans le secteur de l’optique lunetterie

Le secteur de l’optique lunetterie en Côte d’Ivoire enregistre « 70 à 80% » de structures informelles en raison de la non-application de la réglementation, a dénoncé jeudi le président du Conseil supérieur des métiers de l’optique (CSMOCI), Franck Touré, lors d’une conférence de presse à Abidjan.« Les autorisations d’ouverture n’étant plus délivrées depuis plus de 10 ans, 70 à 80% des structures exerçant en optique lunetterie n’en disposent pas », a dit Franck Touré, lors d’une conférence de presse au siège de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire.

« La filière souffre d’un gros problème d’application de la règlementation (…). Nous sommes dans un secteur où la réglementation ne s’applique plus et depuis des décennies et donc vous avez toutes sortes d’acteurs et d’intervenants extérieurs à la profession » qui y exercent, a-t-il déploré.

Selon M. Touré « plus de 60% des structures ouvertes, exercent sans aucun respect des normes techniques, commerciales, administratives et professionnelles qu’exige la pratique de cette profession ». De plus, « 70% du marché s’équipe auprès des ONG » et des verriers qui n’ont pas d’agrément.

« Dans l’exécution des contrats, il se trouve qu’aujourd’hui, la plupart des prestataires, peut-être 15 ou 20% des structures paient régulièrement », a-t-il fait savoir, souhaitant dans un délai « très rapide » une normalisation de l’exercice de la profession en Côte d’Ivoire.

Pour lui, les populations auront accès à des produits et des services de qualité si la profession est réglementée. Dans cette optique, les problèmes de pathologies visuelles vont être réduits véritablement si les verres de contrebande et les contrefaçons sont interdits.

La profession d’opticien-lunetier a un « défit de crédibilité », a-t-il poursuivi, fustigeant par ailleurs l’ouverture d’espaces de vente de lunettes et des prescriptions dans de structures partenaires telles les mutuelles d’assurance et même dans des ONG.

« La démarche que nous sommes en train de mener, il faut que nous-mêmes on s’autodiscipline. On va mener des actions pour réguler des fonctionnements, des activités ou des façons de fonctionner », a-t-il lancé à l’endroit des professionnels du secteur.  

Depuis 2006, l’organisation syndicale adresse des lettres à la tutelle pour demander un renforcement de la législation, la mise en place d’une opération de recensement des établissements et des professionnels d’optique et des actions de fermeture en vue d’une mise en conformité des structures illégales. 

Le Conseil supérieur des métiers d’optique estime « entre 500.000 et 600.000 le nombre de personnes qui achètent un équipement optique chaque année ». Le nombre de porteurs sur Abidjan est de 330.000. Il note qu’« au moins 300.000 personnes s’approvisionnent dans les structures informelles ».

Quelque « 600 à 700 personnes diplômées » opérant dans le secteur de l’optique lunetterie et de l’optométrie sont identifiés à travers le pays, rapporte l’organisation syndicale. 

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