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Concertation des ténors de l’opposition à Bruxelles

Les ténors de l'opposition congolaise

Les opposants emblématiques congolais se retrouvent ce mercredi 12 septembre à Bruxelles, pour afficher une position commune dans la perspective de la présidentielle prévue pour fin décembre.

A trois mois de la présidentielle et alors que plusieurs candidats de l’opposition ont déjà été retoqués, évincés du processus par la Commission électorale, l’enjeu est majeur. Après deux réunions à Kinshasa, Bruxelles est une nouvelle étape. Cinq des sept candidats s’y sont donné rendez-vous, entre autres pour que Moïse Katumbi, poursuivi en RDC, puisse participer à la réunion. L’enjeu est d’abord d’afficher une image d’union de l’opposition. L’union fait la force, dit-on. Mais au sein de l’opposition congolaise, elle est difficile à trouver. Les deux dernières rencontres à Kinshasa l’ont montré. Vendredi dernier, Vital Kamerhe de l’UNC et l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito étaient absents. Lundi c’est le candidat de l’UDPS Félix Tshisekedi qui était déjà en Europe. Cette difficulté à s’asseoir tous autour d’une même table est l’un des nombreux signes de l’incapacité pour le moment à établir une stratégie commune. Cette réunion à Bruxelles est donc une nouvelle tentative, avec 5 poids lourds de l’opposition.

Divergences

Félix Tshisekedi, Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Adolf Muzito et Vital Kamerhe se sont donné rendez-vous ce mercredi, avec pour objectif de se mettre d’accord sur un certain nombre de positions sur le processus électoral, et uniquement sur ce processus. L’utilisation ou non par exemple de la très controversée machine à voter ou encore l’attitude à adopter face à ce fichier électoral où 16,6% des électeurs se sont inscrits sans empreinte digitale. On attend une déclaration commune à minima sur les points cruciaux : se mettre d’accord sur un candidat unique de l’opposition. Ou encore la décision de boycotter ou non cette présidentielle. Personne n’arrive à s’entendre pour le moment. Derrière la photo de famille, la méfiance est grande entre les différents candidats, notamment vis-à-vis de ceux autorisés à concourir et leur stratégie individuelle. Certains ne craignent par exemple que l’héritier du parti d’opposition historique Félix Tshisekedi ou l’ancien président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe. Tous deux autorisés à participer à la présidentielle ne se désolidarisent à la dernière minute. A voir si l’étape bruxelloise va réussir à faire bouger les lignes.

Vital Kamerhe a déclaré que les opposants pourront à tout moment donner le nom de leur candidat à la présidentielle.« C’est une question stratégique et de réalisme politique. Aujourd’hui, si nous disons que le candidat commun de l’opposition, c’est X. Et si vous apprenez que demain, on lui a coupé la tête, vous ferez quoi ? La campagne électorale commence le 20 novembre et se termine deux jours avant le début des élections. Nous avons le dire dans le meilleur délai. A chaque chose son temps », a dit Kamerhe à la conférence organisée à la fin de la réunion des opposants à laquelle ont participé Félix Tshisekedi, Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito et Moïse Katumbi. Il a également dit que la réunion de Bruxelles s’est organisée en harmonie avec celles organisées précédemment par l’opposition à Kinshasa. « Tout le monde est solidaire. Nous sommes en communion. Ce qui est dit ici reflète ce qui a été fait à Kinshasa par les partis de l’opposition », a déclaré le président de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise) devant les médias.

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