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La CENCO exige au bourgmestre de la Gombe des excuses publiques

Les évêques en colère contre le bourgmestre de Gombe

La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) exige au bourgmestre Dolly Makambo de demander pardon au peuple congolais pour son comportement jugé “indigne” par les évêques.

Dolly Makambo Nawezi, bourgmestre de la commune de la Gombe, est entré dans l’enceinte du Centre Interdiocésain où il a fait arracher, par le policier qui l’accompagnait, les banderoles qui étaient déployées sur la façade du bâtiment principal du Centre. Ces banderoles invitaient au respect des dispositions de la Constitution et de l’Accord de la Saint-Sylvestre. Selon le témoignage de la CENCO, le bourgmestre a « menacé les gardiens de la CENCO qui, dans le cadre de leur fonction, leur interdisaient de commettre ce forfait.

«La CENCO est surtout troublée par le fait que l’affichage, sur le lieu du dialogue, des fondamentaux de l’Accord de la Saint-Sylvestre soit perçu par le premier citoyen de la Gombe comme un danger à l’ordre public. Pourtant cet Accord constitue, de par son l’unique feuille de route susceptible de sortir pacifiquement le pays de la grave crise sociopolitique qu’il traverse », s’indignent les évêques dans un communiqué.

La CENCO invite ainsi la population à demeurer vigilante et toujours prête à barrer la route à quiconque s’hasardera à déconsidérer l’Accord de la Saint-Sylvestre, dont la mise en œuvre intégrale garantit la tenue des élections crédibles le 23 décembre 2018. « La CENCO condamne avec la dernière énergie cette violation et cette atteinte aux droits garantis des particuliers par une autorité politico-administrative qui clamait haut et fort son statut de juriste pendant qu’il posait cet acte incivique. Le comble de tout c’est que le Centre Interdiocésain se trouve dans la concession de la Nonciature Apostolique, qui est une Ambassade. Il s’agit donc d’une violation des immunités diplomatiques. C’est un scandale et c’est inacceptable. C’est pourquoi ce geste, présentement dénoncé, mérite toute l’attention des autorités de la ville et du pays. Sinon nous conclurons au banditisme d’État et nous nous réservons le droit d’aller en justice », ajoute l’épiscopat.

Action en justice contre le bourgmestre

L’Association Congolaise pour l’Accès à la justice (ACAJ) demande au procureur de la République d’engager une action pénale à charge du bourgmestre de la commune de Gombe, Dolly Makambo Nawezi. L’ACAJ condamne ces actes et estime qu’ils sont constitutifs « des infractions de violation de domicile, destructions méchantes, menaces d’attentat et atteintes aux droits garantis aux particuliers prévus et punis par les articles 69, 70, 113, 160 et 180 du code pénal livre II».

S’exprimant pour la première fois sur cette affaire, Dolly Makambo, n’avait pas regretté son geste affirmant qu’il n’a fait que son travail. «C’était dans le cadre de mon travail. Je passais comme tout le monde et j’ai vu ces banderoles placées sans autorisation. C’était fixé sur un mur, mais il n’y avait pas une clôture qui obstruait la vue de tout le monde. Ils ont mis cela pour que les gens voient. Et comme ils n’étaient pas autorisés, j’ai enlevé comme j’enlève toutes les banderoles dans la ville. J’enlève même pour les musiciens et pour les politiciens qui n’ont pas d’autorisation. C’est ce que j’ai fait », a-t-il dit. Pour l’ACAJ, Dolly Makambo a détourné son pouvoir à des fins purement politiques.



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