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Albanie: l’opposition manifeste sans incident contre le Premier ministre

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Des milliers de personnes ont, dans une rare manifestation sans incident, réclamé une nouvelle fois vendredi à Tirana que le Premier ministre socialiste Edi Rama quitte le pouvoir.

« L’heure de la vérité est venue, le départ de Rama et de ceux qui ont manipulé les résultats des élections n’est pas négociable », a déclaré à la foule le leader du Parti démocratique (opposition) Lulzim Basha.

L’opposition réclame depuis des mois le départ du Premier ministre, qu’elle accuse de corruption et d’être lié au milieu. La droite refuse par ailleurs des municipales prévues le 30 juin. « Il n’y aura pas d’élections le 30 juin, la bataille va se poursuivre dans chaque ville, chaque localité jusqu’au départ de Rama », a dit M. Basha.

Une statue haute de 7 mètres dressée sur les lieux du rassemblement a été renversée par les manifestants, manière symbolique de chasser le Premier ministre.

Les manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles était écrit notamment « il n’y a pas d’élections sans l’opposition », ainsi que des drapeaux américains, allemands, albanais et de l’UE.

Les ambassades des Etats-Unis et d’Allemagne en Albanie ont lancé jeudi soir et vendredi des appels invitant l’opposition à éviter tout incident.

Jeudi, quinze arrestations ont été annoncés par la police et une cinquantaine de poursuites judiciaires lancées lors de tensions pendant la campagne électorale. Une école a été incendiée à Shkodra (nord).

Depuis mardi, des militants de l’opposition de droite entreprennent d’entrer de force dans les bureaux de vote, souvent installés dans les écoles, pour y détruire le matériel électoral.

Le 8 juin, le président Ilir Meta a annulé ce scrutin au nom de la stabilité du pays. Mais le Parlement a déclaré cette décision « anticonstitutionnelle » et entrepris de le destituer, décision qui devrait être validée par une Cour constitutionnelle qui n’est plus fonctionnelle. Un seul de ses juges a passé avec succès le processus de vérification du patrimoine et de la probité des magistrats prévu dans le cadre d’une réforme judiciaire.

Les accusations contre le pouvoir ont redoublé cette semaine après la publication dans les médias d’écoutes téléphoniques entre des fonctionnaires et de hauts dirigeants socialistes, y compris Edi Rama.

Datant de 2016, elles démontrent aux yeux de l’opposition la corruption, les pressions sur l’administration et la fraude électorale dont se serait rendu coupable le pouvoir.

« Une grande salade de mots où il n’y a rien », a répondu Edi Rama, qui réfute tout fait délictuel et accuse l’opposition de mettre en péril l’ouverture des négociations d’adhésion à l’Union européenne.

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