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A la veille de la COP27, la RDC s’impose comme un « pays-solution »

journaldekinshasa.com
Sama Lukonde représente Félix Tshisekedi aux travaux à Charm El-Cheikh en Egypte.

La prochaine COP27, grand-messe annuelle dédiée à la lutte contre le dérèglement climatique, prendra place en Égypte du 7 au 18 novembre prochain.

Le choix d’un pays africain n’est pas anodin, tant le continent est surexposé aux conséquences du réchauffement climatique, tout en demeurant un émetteur marginal de gaz à effet de serre. Une rencontre au sommet qui sera aussi particulièrement importante pour la RDC, qui se présente comme un « pays-solution » face au réchauffement climatique, mais qui fait aussi face à de nombreuses menaces.

« Les conséquences du changement climatique pourraient coûter aux États africains 50 milliards de dollars par an d’ici 2050 » 

En octobre 2021, un rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’organe scientifique de référence sur les questions liées au réchauffement climatique, a fait beaucoup de bruit au sein des élites africaines et des militants écologistes. Ce document soutient notamment que le continent est la région du monde la plus exposée au réchauffement climatique. Et qu’elle ne pourra pas y faire face sans une ferme solidarité internationale. « 80 % des pays africains ont besoin de l’aide financière de la communauté internationale » estiment ainsi les scientifiques du GIEC, qui précisent que les fonds nécessaires sont de « 7 à 15 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour renforcer l’adaptation de l’Afrique au changement climatique ». En revanche, en l’absence de mesures fortes d’adaptation, « les conséquences du changement climatique pourraient coûter aux États africains 50 milliards de dollars par an d’ici 2050 » affirment les experts. Des chiffres qui donnent le vertige, alors que les marges de manœuvre budgétaire de l’immense majorité des pays africains demeurent extrêmement limitées. Et que le manque d’infrastructures est régulièrement pointé du doigt par les organisations supranationales.

D’un point de vue humain, les perspectives du GIEC sont tout aussi effrayantes. Perte de biodiversité généralisée, exposition de près de 500 millions d’Africains vulnérables (moins de cinq ans et plus de 60 ans) à des vagues de chaleur mortelles et de longue-durée et montée des eaux ne sont qu’une partie des catastrophes d’ores et déjà annoncées en cas de réchauffement supérieur à 1,5 degré d’ici la fin du siècle. Une trajectoire vers laquelle s’engage pour le moment l’Humanité, les experts tablant plutôt sur une hausse des températures de 2,5 °C. Alors que le scénario catastrophe se dessine, le GIEC prévoit aussi 90 millions de déplacés du fait du réchauffement climatique, majoritairement au sein même du continent. Pourtant, selon les données de l’OECD, l’Afrique n’est responsable que de 4 % des émissions de GES mondiales. Une double peine que ne cessent de dénoncer les leaders politiques africains.

Félix Tshisekedi monte au front

En préparation de la COP 27, Félix Tshisekedi, qui tente depuis plusieurs mois de prendre le leadership panafricain des questions climatiques, a multiplié les initiatives diplomatiques. Jeudi 20 octobre, le président congolais a rencontré son homologue ghanéen pour harmoniser la stratégie africaine, dans la lignée du sommet de Rotterdam (Pays-Bas), où ils avaient convenu de « travailler ensemble pour faire entendre haut et fort la voix de l’Afrique et des pays vulnérables pour une plus grande justice dans la gestion des impacts du changement climatique ». Pour les deux chefs d’État, la priorité n’a pas évolué : faire payer aux États pollueurs les coûts des conséquences du réchauffement climatique en Afrique.

Une quinzaine de jours avant, le 3 octobre, Félix Tshisekedi recevait à Kinshasa une délégation de l’ONU pour évoquer les financements nécessaires à l’adaptation climatique du continent dans le cadre d’une pré-COP 27 particulièrement stratégique qui a au moins eu le mérite de rassembler des ministres et spécialistes de l’environnement venus d’une soixantaine de pays. Mais aussi de dessiner une position commune. Prochaine étape, un sommet africain consacré au financement de projets de développement durable, sous la houlette des Présidents sénégalais Macky Sall, congolais Sassou Nguesso et égyptien Abel Fattah-al-Sassi, réunira de nombreux chefs d’État africains le 8 novembre prochain à Charm el-Cheikh, la ville-hôte de la COP 27.

Le Congo veut renforcer sa posture de « pays-solution » contre le réchauffement climatique

Le cas congolais sera, lors de la prochaine COP 27, particulièrement scruté. Avec 160 millions d’hectares de forêt tropicale et d’immenses ressources en eau douce grâce au fleuve Congo, la RDC a réussi à exposer au monde son image de « pays-solution » au réchauffement climatique. Mais le Congo est, en moyenne, bien plus vulnérable aux conséquences du réchauffement climatique que la plupart des autres pays. Une étude publiée dans la prestigieuse revue Nature en avril 2021 conclut ainsi que le Congo devrait connaître des augmentations de température de + 3° d’ici 2085, entraînant des impacts massifs sur ses forêts, véritable poumon de l’Afrique. Leur préservation est pourtant essentielle. Les forêts tropicales du bassin du Congo sont ainsi jugées plus efficaces que celles d’Amazonie pour ralentir le changement climatique.

En 2026, en marge de la COP26, un collectif de ministres de l’Environnement et de chercheurs pour la défense du bassin du Congo a ainsi réclamé 150 millions d’euros d’investissements internationaux pour la mise en œuvre d’un programme scientifique destiné à la préservation des forêts tropicales du pays. A l’échelle du pays, un plan national d’adaptation au changement climatique pour la période 2022 – 2026 devrait servir de base de référence aux futures politiques menées.

Exploiter et préserver : le Congo au pied du mur

Un défi d’autant plus important que le Congo possède de très nombreuses richesses dans ses sous-sols, notamment nécessaires aux batteries des voitures électriques, l’un des principaux vecteurs de décarbonation du transport routier. Exploiter les ressources nécessaires tout en préservant les richesses environnementales du pays invite donc le Congo à trouver une voie de développement originale. Face à un secteur minier artisanal qui représente entre 20 et 40 % de la production nationale, dont les ravages environnementaux sont colossaux, les pouvoirs publics comptent énormément sur la mobilisation des grands acteurs internationaux, soumis à des normes très strictes.

L’entreprise chinoise CMOC, deuxième producteur de cobalt et premier producteur de cuivre du pays, qui possède la Tenke Fungurume Mining (TFM), implantée dans la province de Lualaba, s’est ainsi durablement engagée à accompagner la sortie des communautés dépendantes des mines artisanales vers d’autres sources de diversification de revenu. Autre sujet d’inquiétude, le recours massif à la biomasse énergétique pour produire de l’électricité, responsable de la destruction de 400 000 hectares de forêt congolaise chaque année. Là encore, le secteur privé s’avère un palliatif majeur aux défaillances de l’État. Le canadien Ivanhoe Mines a massivement investi dans le barrage hydroélectrique d’Inga II pour alimenter ses mines, tandis que CMOC s’est mobilisé pour celui de Nseke.

Dans ce contexte, la COP 27 devrait être particulièrement stratégique avec en ligne de mire un soutien financier d’ampleur, thème sur lequel l’Afrique parle d’une seule voix : « Travaillons ensemble pour faire en sorte que les pays développés remplissent leur obligation de financement annuel de 100 milliards de dollars, comprenant un fonds égal pour l’atténuation et l’adaptation », estimait ainsi Eve Bazaiba Masudi, vice-Premier Ministre et ministre de l’Environnement de la RDC. La balle est désormais dans le camp des pays les plus riches -et les plus émetteurs de gaz à effet de serre- qui, pour l’instant, temporisent.



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Publié le 12.02.2021

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