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Revue de presse de ce mercredi 21 février 2018

Le remaniement partiel intervenu au sein du ministère de l’Intérieur est le sujet principal que la presse congolaise développe. Certains médias restent dans le factuel, d’autres par contre se lancent dans les analyses et commentaires et tentent de comprendre le pourquoi ce changement «brusque» dans la territoriale.

Le président  de la République, Joseph Kabila Kabange a nommé mardi 20 février dans la soirée, Henry Mova Sakanyi au poste de vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, informe L’Avenir, qui rappelle que le promu occupait la fonction de secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD).

La sortie inattendue de Ramazani Shadari étonne notamment Le Phare, car l’homme était au cœur du dispositif sécuritaire du pays, avec des missions intempestives dans les points chauds de la République (Kasaï, Ituri, Beni, Haut-Katanga). Il était également impliqué dans le chambardement des gouverneurs, vice-gouverneurs de provinces et même des animateurs des bureaux des Assemblées provinciales.

Il était également en première ligne dans l’interdiction et la répression des marches pacifiques des forces politiques et sociales exigent l’application intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre, rappelle le journal.

Dans son analyse, Forum des As croit savoir les vraies motivations de ce réaménagement du gouvernement congolais, qui seraient liées aux préparatifs des élections, «2018 étant réputée année électorale en RDC.»

En effet, explique le journal, le président Joseph Kabila, jusqu’ici initiateur du PPRD, entend donc placer le curseur au bon endroit. Il ménage sa monture, en rebattant les cartes. Voilà qui parait le dessous, mieux le soubassement de tous les changements qui s’opèrent depuis peu au sein du PPRD.

Selon le tabloïd, le départ d’Henri Mova Sakanyi d’un poste [secrétaire général] qui ne va plus exister dans les nouveaux statuts annoncés du PPRD, est loin d’être perçu comme un fait anodin. Loin s’en faut ! Car, cette nomination qui intervient cinq jours seulement après celle de Me Jean Mbuyu Luyongola, au poste de Conseiller spécial du Président Joseph Kabila en matière de sécurité, s’inscrit dans la droite ligne de l’option levée de mouler dans une nouvelle robe, le parti présidentiel démocratiquement au pouvoir depuis 2006.

Dans la recherche du pourquoi de ce changement, Capsud.net a interrogé un membre du PPRD qui a fait savoir que le retour de Mova sakanyi aux affaires et dans un ministère stratégique de l’Intérieur souligne la «volonté» du camp présidentiel de marquer de près la territoriale en prévision des échéances à venir si elles auront lieu.

«C’est ce ministère qui organise le découpage territorial en cas des élections et qui peut même proposer l’organisation d’un référendum. C’est aussi pour le même camp de surveiller de près Bruno Tshibala même s’il n’a aucun ‘’poids politique’’face à l’écrasante machine présidentielle sans laquelle il ne pouvait exister», décortique le média en ligne.

Ligne dure du PPRD

Avec Henri Mova, c’est la ligne dure du PPRD qui s’installe au ministère de l’Intérieur. Très actif sur le terrain politique, sa nomination est peut-être liée au discours extrémiste qu’il vulgarise dans les rangs du parti présidentiel. C’est fort possible que ce critère ait joué en faveur de sa nomination, suppute pour sa part Le Potentiel.

Le tabloïd indique le départ d’Emmanuel Ramazani Shadary est entouré d’un mystère. Le président du groupe parlementaire du PPRD à l’Assemblée nationale, aile radicale de la Majorité présidentielle (MP) a eu à gérer des dossiers chauds de la sécurité de la République, jusqu’à être repris sur la liste des personnalités congolaises sanctionnées par l’Union européenne. Il est reproché à cet élu du Maniema son rôle dans la répression de différentes manifestations de l’opposition.

Henri Mova sera déjà à l’épreuve le 25 février prochain, date de la marche annoncée de l’opposition. Sera-t-il dans la logique de la rupture ou de la continuité ? s’interroge 7sur7.cd

A ce sujet, le site internet d’informations générales reste interrogatif : sous la houlette de l’ancien patron du PPRD, les forces de l’ordre vont-elles réprimer dans le sang la marche des laïcs catholiques ? La police, les militaires, les encagoulés vont-ils charger la foule sans discernement jusqu’à gazer des bébés dans les maternités ? Les policiers vont-ils dépouiller et brutaliser les manifestants pacifiques comme on l’a vu lors des marches passées ? La non-autorisation d’une manifestation publique par l’autorité municipale vaut-elle certificat de décès ? H. Mova sera éprouvé ce dimanche.

Autre dossier brûlant qui attend le nouveau «Monsieur sécurité» de la RDC, c’est l’épineuse question du dédoublement des partis politiques de l’opposition, et la gestion des regains d’insécurité dans l’Ituri et dans le Kivu, sans oublier la consolidation de la paix fragile dans l’espace Kasaï, écrit 7sur7.cd.

Ce n’est pas la première fois que Mova Sakanyi est nommé ministre, se remémore Actualité.cd qui dresse un bref portrait du nouveau patron de la territoriale.

Il a notamment géré le ministère des Transports et Communication en mai 1997 jusqu’en janvier 1999. Il occupera la même fonction de septembre à novembre 2000. Il a également été ministre des Affaires Foncières, de l’Environnement et du Développement Touristique. Vice-Ministre aux Affaires Etrangères, Ministre de l’Information, porte-parole du gouvernement, écrit le site d’informations en ligne.

Professeur d’université, il a eu également une carrière de diplomate. Il a été ambassadeur de la RDC à Moscou auprès de la Fédération de Russie de janvier 1999 en septembre 2000. Il a occupé le même poste en Belgique, ajoute Actualité.cd.

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