International › AFP

Les grandes étapes de l’affaire Skripal

Les principales étapes de l’affaire Sergueï Skripal depuis l’empoisonnement de l’ex-espion russe et de sa fille Ioulia au Royaume-Uni, que Londres et ses alliés imputent à Moscou.

– L’attaque à Salisbury –

Le 4 mars, l’ex-agent double russe Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, sont retrouvés inconscients dans un centre commercial de Salisbury (sud de l’Angleterre). Ils sont hospitalisés dans un état grave, ainsi que le premier policier entré en contact avec eux.

Skripal, ancien colonel du service de renseignement de l’armée russe dans les années 1990, a été emprisonné pour avoir vendu des informations aux Britanniques. Il fait partie d’un échange d’espions entre Moscou, Washington et Londres en 2010, qui lui permet de se réfugier en Angleterre.

Le 7 mars, la police révèle que Skripal et sa fille ont été empoisonnés par un agent innervant, hautement toxique.

– Londres accuse Moscou, qui s’indigne –

Le 12, la Première ministre britannique Theresa May estime « très probable que Moscou soit responsable » de l’attaque. L’agent employé appartient au groupe « Novitchok » (« nouveau venu » ou « petit nouveau » en russe), conçu à la fin de la Guerre froide.

Moscou rejette ces accusations, qualifiées de « provocation ».

Les Etats-Unis dénoncent une attaque « irresponsable » et soutiennent Londres, suivis le lendemain par la France et l’Allemagne.

– Sanctions britanniques –

Le 14, Londres juge la Russie « coupable » et, en représailles, expulse 23 diplomates russes (sur 59 présents au Royaume-Uni), gèle les contacts de haut niveau avec Moscou et annonce qu’aucun membre de la famille royale ou du gouvernement n’ira à la Coupe du monde de football en Russie (14 juin-15 juillet).

Le ministère russe des Affaires étrangères promet une riposte rapide.

– Tensions diplomatiques –

Le 15, Londres, Paris, Berlin et Washington mettent en cause Moscou dans une déclaration commune.

L’Otan dénonce une attaque « extrêmement grave », assurant qu’elle « défendra tous ses membres contre toute menace ».

Le lendemain, Londres juge « extrêmement probable » que le président russe ait personnellement « ordonné » l’empoisonnement, une accusation « impardonnable » pour le Kremlin.


– Riposte russe –

Le 17, à la veille de la présidentielle russe, Moscou annonce en retour l’expulsion de 23 diplomates britanniques et l’arrêt des activités du British Council en Russie.

Réélu, Vladimir Poutine qualifie les accusations britanniques de « grand n’importe quoi ». Le Royaume-Uni devra « fournir des preuves » de l’implication de Moscou dans l’affaire ou s’excuser, ajoute le Kremlin.

– Experts internationaux –

Le 20, des experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) arrivent au Royaume-Uni pour recueillir des échantillons du poison utilisé contre M. Skripal et sa fille.

Le même jour, les diplomates russes expulsés par Londres quittent le Royaume-Uni.

Le 21, Moscou convoque les diplomates étrangers et affirme que l’empoisonnement de M. Skripal est soit « une attaque terroriste », soit une mise en scène de Londres, qui ferait preuve de « russophobie ». La Russie « répand des mensonges », réplique l’ambassadeur britannique, qui a boycotté la réunion.

Le 22, le policier victime du poison quitte l’hôpital.

– Expulsions coordonnées –

Les 26 et 27, les Etats-Unis et 18 pays de l’Union européenne, rejoints notamment par l’Ukraine, le Canada la Norvège et l’Australie, annoncent les expulsions de 122 diplomates russes, dont 60 « espions » aux Etats-Unis, où le consulat russe de Seattle fermera. Moscou dénonce une « provocation » et promet de riposter.

L’Islande décide un boycott diplomatique du Mondial en Russie.

Le 27, l’OTAN fait aussi expulser 7 membres de la mission russe.

– Moscou expulse des Américains –

Le 29, Moscou annonce à son tour l’expulsion de 60 diplomates américains et la fermeture du consulat des Etats-Unis à Saint-Petersbourg.

L’hôpital où est soignée Ioulia Skripal indique que son état s’améliore rapidement. Son père reste dans un état critique mais stable.

À LA UNE
Retour en haut