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Ituri: 24 morts, plusieurs blessés et 15 villages incendiés à Djugu (l’armée)

C’est le bilan provisoire d’un conflit qui opposait les membres des communautés Lendu et Hema dans la nuit du samedi 03 au dimanche 04 février 2018.

L’armée congolaise (FARDC) dresse un bilan provisoire de 24 personnes tuées et des blessés ainsi que des cases incendiées dans 15 villages, dans la nuit de samedi 03 février à dimanche 04 février, suite aux incidents qui ont opposé certains membres des communautés Lendu et Hema en territoire de Djugu (province de l’Ituri), au nord de la ville de Bunia.

Selon le porte-parole militaire en Ituri, le lieutenant Jules Ngongo, deux policiers ont été tués et des militaires ont été également blessés lors de ces incidents

«Le bilan provisoire fait état de 24 civils tués, 12 blessés, 15 villages incendiés. Dans ces actes de barbarie, 2 policiers ont été tués et 1 blessé, 2 autres militaires ont été également blessés », a dit le lieutenant Jules Ngongo.

Une mission mixte composée notamment des autorités policières et militaires s’est rendue à Djugu pour « identifier le réseau de semeurs des troubles, les initiateurs de ces actes de barbarie et aussi dénicher les manipulateurs de l’esprit des deux tribus ».

Les réelles raisons de ces conflits entre les deux communautés ne sont nullement connues. Le président de la société civile de l’Ituri, Jean Bosco Lalo, parle des problèmes « entre des individus » qui tendent à être généralisés « depuis le mois de décembre » faute d’une bonne gestion de la crise par l’autorité provinciale.

« Le gouverneur de province n’a pas géré cela en responsable. Il était arrivé sur le lieu et avait tenté de s’adresser aux gens en promettant qu’il allait y retourner rapidement mais il n’y est jamais rentré », a dit le président des forces vives de l’Ituri.

L’attaque a été menée essentiellement à l’aide des armes blanches, selon l’armée qui n’exclut pas l’usage des armes à feu par les protagonistes.

“Les armes à feu ne manquent pas parce que lorsqu’ils attaquent, l’objectif est de chercher d’abord les armes que les policiers et les militaires détiennent mais l’attaque était à l’aide de machettes. Mais il ne peut manquer des armes à feu, nous reconnaissons que ces gens-là aussi attaquent avec des armes à feu”, a précisé le porte-parole militaire.


Selon le bilan provisoire fourni par la société civile locale, plus de 30 personnes ont été tuées. A l’heure actuelle, des recherches se poursuivent pour retrouver d’autres corps dans la brousse.

« Le nombre de morts dépasse déjà 30 parce que l’attaque a eu lieu la nuit et certaines victimes tentaient de fuir et ont été abattues dans la brousse, il faut que les corps soient recherchés », a dit Lalo.

Une personne a été tuée ce lundi à Bunia lors d’une manifestation de colère de la population contre la tuerie des civils à Djugu, selon le maire de la ville, Fimbo Lebiliye. L’autorité urbaine parle aussi de plus de 100 personnes déplacées actuellement hébergées dans un camp de fortune à Bunia.

Un conflit perpétuel

Entre 1999 et 2004, des centaines de civils avaient été tués en Ituri, constitué à l’époque en district, à cause des affrontements entre les deux communautés Lendu et Hema.

Pendant la guerre civile iturienne, des milices armées en connotation ethnique en l’occurrence l’Union des Patriotes Congolais (UPC) qui soutenait les Hema d’une part et de l’autre, le Front Nationaliste et Intégrationniste (FNI) en soutien aux Lendu, tous actuellement partis politiques avaient vu le jour.

Un processus de pacification de la région avait été déclenché en 2004 avec la mise sur pied de la « Commission de Pacification de l’Ituri (CPI) » qui était en quelque sorte un gouvernement intérimaire dirigé par les tribus locales.

Les principaux chefs de guerre avaient été intégrés dans l’armée pour les uns et arrêtés puis transférés à la prison Makala (Floribert Ndjabu : président du FNI), et à la Cour Pénale Internationale (Thomas Lubanga : Président de l’UPC).

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