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Les inquiétudes du CNSA et de la Cenco

les tensions persistent après la publication des listes des partis

La publication de la liste des partis et regroupements politiques continue de susciter des réactions. Dans la liste du ministère de l’Intérieur, il y a quatre UDPS reconnus

Selon l’accord politique de la Saint-Sylvestre, c’était au Conseil national de suivi de l’accord, une structure ad hoc, de régler la question des dédoublements de partis politiques. Le CNSA avait d’ailleurs fait une série de recommandations qui n’ont pas toutes été prises en compte par le ministère de l’Intérieur, notamment l’attribution du nom UDPS à l’opposant Félix Tshisekedi. Le CNSA dit même avoir reçu depuis des dizaines de réclamations à travers tout le pays, de leaders de partis politiques qui à l’image de l’UDPS de Félix Tshisekedi se plaignent de voir leur parti dédoubler ou encore d’erreurs dans le nom ou le numéro d’enregistrement de leurs partis. Toutes ces erreurs ont été relevées dans un rapport qui vient d’être bouclé et sera présenté vendredi 18 mai 2018 au vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Henri Mova, avec pour objectif d’obtenir une correction.

Valentin Vangi, le rapporteur du CNSA n’y voit pas de manipulation politique : « C’est des dizaines de partis qui réclament qu’ils  ont vu leur parti soit dédoubler, soit on a remis les noms du leader, soit on n’a pas mis le numéro d’enregistrement. Donc il y a toujours quelque chose. Nous avons fait ce travail et nous avons une charge de travail qui est produite, nous pensons que c’était une erreur matérielle. » « C’est un travail humain, donc pour nous, à ce stade, nous nous disons qu’ils ont commis des erreurs. C’était une erreur, on est confiants…», rajoute-t-il.  Pour lui, il n’est pas question de manipulation politique.  Rappelons que  selon la loi congolaise sur le fonctionnement des partis politiques, deux partis ne peuvent avoir ni le même nom ni les mêmes insignes. Une disposition légale sur laquelle l’accord politique signé par la majorité, l’opposition et la société civile au Congo avait insisté.

les tensions


Mais la guerre de légitimité autour de l’UDPS promet, Raymond Kahungu Mbemba, le secrétaire général de la faction Tshibala appelle toutes les autres tendances à se joindre à eux et se revendique comme la seule légitime. « Le ministère de l’Intérieur vient de réhabiliter l’UDPS historique créé le 15 février 1982. Cet UDPS a comme autorité morale monsieur Bruno Tshibala Nzenze. Dès lors que le ministère compétent vient de réhabiliter l’UDPS du 15 février 1982, il est logique que les autres UDPS X ou Y n’ont plus de raison d’exister. » Il invite les autres à se joindre à leurpartie pour le triomphe de la démocratie et l’avènement de l’Etat des droits en RDC. « Comme l’UDPS est une et indivisible, tous ceux qui ont lutté aux côtés d’Etienne Tshisekedi et qui croient encore à l’unité du parti, sont invités à rejoindre monsieur Bruno Tshibala Nzenze, qui dispose de toute la légitimité et de toute la légalité».

Cyril Ebotoko, chef de la mission électorale de la Cenco « Il y a un nouveau découpage, mais dans les chefs-lieux des nouvelles provinces les cours d’appel ne sont pas encore installées. Cela nous inquiète parce que, à partir du 24 juin ce sera la réception et le traitement des candidatures et s’en suivra tout ce qu’il y a comme contentieux. Et si ces cours ne sont pas encore installées au niveau des nouvelles provinces, la question de l’accessibilité des justiciables lors des prochains contentieux va se poser. » La Conférence épiscopale soulève plusieurs manques dans la préparation des élections : le manque de liberté pour les opposants qui veulent manifester, le manque d’information des électeurs et le manque de cours d’appel qui s’occupent des contentieux liés aux scrutins, mais dans ce pays immense qu’est la RDC, elles ne sont pas assez nombreuses.

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