Santé › Actualité

Diaspora : les congolais du Cameroun se serrent les coudes

Essos un quartier populaire de la ville de Yaoundé

Trouver du travail pour ses ressortissants de la RD Congo installé à Yaoundé n’est pas toujours facile. Ils ont donc opté pour le réseautage pour s’en sortir

Il est 17h ce mercredi 27 juin. Nous sommes au quartier Essos de Yaoundé. Un quartier qui connait une forte concentration de ressortissants de la République Démocratique du Congo. Et leur lieu de retrouvaille, le « Bana-mboka », un bar tenu par un congolais.

Au fil des minutes, les tables se remplissent. Des éclairs de rire fusent ici et là étouffés par les sons de musique ndombolo ou de rumba. La bonne humeur est au rendez-vous et ça se voit. On est heureux de passer un bon moment entre ami après une dure journée de travail. De manger un bon plat qui nous rappelle les saveurs du pays.

Cette petite communauté congolaise est constituée, de pasteurs, médecins, enseignants, étudiants, les professionnels en onglerie et bien d’autres.

Mananga Alfonse enseignant de Physique que nous avons trouvé à bana- mboka, nous raconte comment est-ce qu’il se retrouve au Cameroun. « Il y a 6 ans que je suis au Cameroun, c’est suite au conflit politique en République Démocratique du Congo que je me retrouve au Cameroun. Ici à bana-mboka je viens régulièrement pour passer mon temps libre avec mes frères ». Bana-mboka, est un endroit de rencontres amicales et conviviales des congolais de Yaoundé. Dans ce bar bien ménagé, on trouve de la nourriture congolaise notamment : le tshaka madesu, le fumbwa, le makayabu etc.

Comme lui, Arnauld Mbelu, marié et père de trois enfants, est installé au Cameroun depuis 17ans. Ce natif de la province du Bandundu en RDC, est un enseignant de mathématique dans deux collèges privés de Yaoundé. Pour lui, « vivre au Cameroun ne faisait pas partie de mes projets. Je voulais me rendre en Europe mais j’ai connu de problème au niveau de l’Algérie.  Delà, je me suis décidé à rentrer au pays et je me suis retrouvé au Cameroun. J’ai trouvé les compatriotes qui m’ont bien reçu et je suis resté. Il y a maintenant 17 ans que je vis au Cameroun, j’ai d’ailleurs une femme Camerounaise et ma fille ainé a maintenant 16 ans ».

Stéphanie Ilunga connue sous le nom de maman Kulutu, tient son propre restaurant à Bana-Mboka. « C’est avec ce restaurant que je gagne mon pain quotidien. C’est ici que je passe mes journées. Je travail de mardi à dimanche et je me repose le lundiLa nourriture que vous voyez ici vient de la RDC, c’est mon fils qui fait de navette RDC/Cameroun pour remmener le makayabu et d’autre chose » a-t-elle expliqué.


Intégration

En ce qui concerne l’intégration des congolais vivant au Cameroun, le travail décent est un défi à relever. Si certains travaillent dans les secteurs de l’éducation, c’est seulement à cause d’une certaine proximité avec des camerounais. « Si je suis enseignant aujourd’hui, c’est grâce à un camarade prêtre avec qui j’ai fait des études en RD Congo. C’est lui qui m’a recruté dans cet établissement où il est principal, aujourd’hui je suis surveillent générale. Grâce à moi, d’autres congolais ont été recruté dans le même établissement. », explique Emmanuel Masema enseignant de Philosophie et surveillent générale au Collège père Monti.

Parmi ces congolais, il y’a également les hommes de Dieu qui ont déjà installent leurs Eglises au Cameroun. C’est le cas du pasteur Christophe Matadi Wamba. « Je suis au Cameroun comme missionnaire, envoyé de Dieu pour son évangile », a indiqué Matadi Wamba pasteur à l’Eglise Ambassadeur pour christ d’Essos.

Petit métier

Patrick Fwamba alias Depanama, que nous avons rencontré au rond-point Nlongkak, dans son lieu du travail se sent très à l’aise au Cameroun. Il pose les ongles, il a même déjà ouvert trois petites maisons dans la ville de Yaoundé. Et il encadre d’autre congolais dans ce petit métier de plaqueur d’ongles. « C’est n’est pas au Cameroun que j’ai commencé a plaqué les ongles, c’est depuis le pays, et c’est ce métier qui m’amène au Cameroun, aujourd’hui je ne plaque presque plus j’ai déjà des gens qui travaillent pour moi », explique-t-il.  « Quand je suis arrivé ici au Cameroun en 2010, il n’y avait presque pas des plaqueurs d’ongles qu’aujourd’hui, j’étais presque le seul ici à Nlongkak, j’ai formé certains camerounais qui évolues déjà de leur côté.  Actuellement je travaille avec les compatriotes qui viennent d’arriver, comme le travail n’est pas facile, ils viennent ici pour apprendre ce métier. », a-t-il ajouté.

Un quotidien peu confortable, mais les congolais du Cameroun parviennent tout de même à subvenir à leurs besoins du quotidien.

À LIRE AUSSI

À LA UNE
Retour en haut