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CGLU-Afrique appelle le Maroc à signer la charte africaine sur les valeurs et principes de la décentralisation

Le réseau des Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLU-Afrique) a appelé le Maroc signer et à ratifier la charte africaine sur les valeurs et principes de la décentralisation, de la gouvernance locale et du développement local adoptée en 2014 à Malabo (Guinée Equatoriale).« Le Maroc doit apporter son expérience au sein de l’Union Africaine (UA) et c’est donc de façon urgente que le Royaume doit signer et ratifier cette charte et faire partie des pays leaders dans la promotion de la décentralisation et de la gouvernance décentralisée sur le continent », a déclaré vendredi à APA le Secrétaire général des CGLU-Afrique Jean-Pierre Elong Mbassi, en marge de la conférence sur le thème « lutter contre la corruption au niveau local : une voie durable pour transformer l’Afrique à partir de ses territoires » organisée à Rabat, dans le cadre de la célébration de la Journée africaine de la décentralisation et du développement local (JADDL) de l’UA.

Le fait que la constitution marocaine énonce que le pays a choisi de se gouverner de manière décentralisée et de consacrer la régionalisation avancée, confère au Royaume un « avantage certain sur d’autres Etats africaine qui hésitent encore pour mettre en œuvre le procédé de la gouvernance décentralisée, a-t-il encore souligné.

De point de vue, le Maroc a entrepris des inititiaves « audacieuses » notamment la mise en place d’un « coaching territorial dans la région de l’Oriental » qui accompagne les collectivités territoriales dans le passage d’une gestion centralisée à une gestion décentralisée et dans la promotion de la gestion citoyenne des affaires publiques », a relevé M. Jean-Pierre Elong Mbassi. « Il s’agit de quelque chose d’originale que le Maroc doit pouvoir appoter dans le cadre de la copération Sud-Sud », a-t-il souhaité.

Pour rappel, le réseau des Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique est l’organisation faîtière et la voix unie assurant la représentation des collectivités locales de l’ensemble du continent africain. Elle est née de la fusion des trois associations de collectivités locales préexistantes qu’étaient l’Union Africaine des Autorités Locales (AULA), l’Union des Villes Africaines (UVA) et le chapitre africain de l’organisation lusophone des autorités locales. Basé à Rabat, CGLUA rassemble 40 associations nationales de collectivités locales de toutes les régions d’Afrique, ainsi que 2.000 villes comptant plus de 100.000 habitants. CGLUA ne représente pas moins de 350 millions de citoyens africains.

La conférence sur le thème « lutter contre la corruption au niveau local : une voie durable pour transformer l’Afrique à partir de ses territoires » a été marquée par un parterre de responsables gouvernementaux, de représentants d’organisations internationales, d’experts, de chercheurs et d’académiciens.

Cette rencontre a pour but principal de promouvoir et de célébrer les valeurs et les principes de la Charte africaine de la décentralisation, de la gouvernance locale et du développement local, à travers notamment la sensibilisation des élus locaux et des managers territoriaux à l’impact et les effets néfastes de la corruption et des conflits d’intérêt sur la gestion des affaires locales, sur les populations, la justice et la paix sociales, et partant sur le développement durable.

Initiée par le gouvernement marocain, l’Organisation panafricaine cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLU Afrique), l’Association des régions du Maroc (ARM) et l’Association marocaine des présidents des conseils communaux (AMPCC), cet événement entend également sensibiliser au rôle de la société civile et des médias comme acteurs clés dans la lutte contre la corruption au niveau territorial.

Au programme de cette journée figurent des thématiques liées aux « standards de l’excellence dans la gestion locale: perspective européenne », aux « principes de la bonne gouvernance dans les lois de la décentralisation au Maroc » et à la « lutte contre le conflit d’intérêt et la promotion du rôle de la société civile et des médias dans la gestion des affaires locales » entre autres.

La pertinence du thème réside ans le fait que les collectvités territoriales en Afrique exercent de multiplent compétences et responsabilités et elles sont en contact avec divers pubics et parties prenantes notamment les services de l’Etat, les citiyens, les usagers, les entreprises ou encore les différentes composantes de la société civile. Elles concoivent et mettent en œuvre des politiques publiques, des plans, des programmes et des stratégies à dimension locale ou territoriale qui ont des conséquences directes sur la vie des citoyens et sur le tissu économique local. Elles gèrent des deniers publics (budgets et taxes locales) et assument une part non négligeable de la commande publique et disposent d’un patrimoine non négligeable.

La réduction de la corruption est, en effet, une préoccupation majeure de l’UA, qui a placé l’année 2018 sous le signe de la lutte contre ce fléau. Selon le rapport 2017 sur l’Indice de Transparency International sur la perception de la corruption, la corruption continue de prospérer en Afrique.

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