Politique › Partis politiques

Affaire Bemba : L’opposition congolaise voit la présidentielle d’un autre œil

l'opposition revoit ses ambitions présidentielle.

Les partisans de Jean-Pierre Bemba Gombo sont convaincus que leur leader a encore des chances de jouer un rôle important dans la vie politique du pays. Sa libération secoue effectivement les rangs de l’opposition en RDC.

L’acquittement de Jean-Pierre Bemba a été salué par l’opposant congolais en exil. « Aujourd’hui est un grand jour pour les Congolais », a commenté sur Twitter Moïse Katumbi. Pour lui, cet acquittement aura des conséquences sur la prochaine présidentielle. « Pour nous, politiciens, c’est une très grande leçon. je suis très heureux parce que maintenant, on aura de vraies élections dans notre pays parce que Bemba est un poids lourd dans notre pays. […] Les faux procès ne sont pas une bonne chose pour le développement d’un pays et la démocratie. Je suis allé lui rendre visite trois fois en prison. [Maintenant], c’est l’unité de l’opposition : nous serons unis pour que l’opposition puisse gagner […] Avec cela, M. Kabila va voir que tout le monde est décidé [à faire les élections, ndlr] »

Félix Tshisekedi. Le président de l’UDPS se réjouit de ce verdict et dénonce une CPI qui manque d’impartialité : « Prendre dix ans de sa vie que pour ça, c’est quand même cher payé. Tout le monde sait qu’il y a eu une main noire derrière. La preuve c’est que ses charges sont abandonnées, donc c’est clair qu’il ne méritait pas ces dix ans de prison. Aujourd’hui, il est démontré que la CPI a une sorte de deux poids, deux mesures, et je pèse mes mots. Au Congo, il est établi aujourd’hui que le pouvoir en place a commis des crimes contre l’humanité. Et il n’y a même pas un début de condamnation, d’action voire d’enquête. Donc, cette CPI, le fait d’être revenue sur ses charges qui ont fait payer dix ans de vie à un individu qui aujourd’hui vient d’être innocenté, ce n’est pas sérieux du tout. »

L’acquittement de Jean-Pierre Bemba illustre une « une arnaque politique qui s’est transposée au niveau de la CPI », estime Valentin Mubake, le président national de l’UDPS. « Nous avons toujours dit que la responsabilité pénale, donc individuelle, de M. Bemba n’avait jamais été engagée. Ses troupes étaient à la disposition de M. Patassé. Nous sommes contents de sa libération effective. »

Vital Kamerhe (UNC). Le porte-parole de l’UNC estime que le « vrai jeu politique va commencer ». « Jean-Pierre Bemba a eu 42% à l’élection présidentielle de 2006, c’est un gros poisson, un costaud. Le vrai jeu politique vient de commencer puisque que Bemba est incontestablement un grand leader de l’Ouest. Et notre pays fonctionne toujours malheureusement Est-Ouest. Maintenant l’opposition doit s’organiser pour avoir un candidat commun […] Bemba, mon frère, il ne faut pas quitter la CPI avec un esprit de vengeance ou avec beaucoup de rancœur. Pardonnez à vous ennemis. »

 

À LA UNE
Retour en haut